LES TROUBLES DE LA SECONDE CHOUANNERIE (ANS VII ET VIII
situation regrettable détermina la plus grande partie d’entre eux à s'enfuir soit pour défendre leurs communes menacées par les chouans, soit même pour se réunir aux insurgés qui leur assuraient une solde immédiate’. L'administration centrale en désarroi publie alors un arrêté pour requérir la municipalité de Rennes de mettre à la disposion du département, dans un délai de trois jours, 100 fusils pris par voie de réquisition sur les citoyens de la garde nationale connus pour la tiédeur de leur civisme et les moins propres au service actif”. On désarmait donc en partie les uns pour fournir l'armement aux autres. La garde nationale de Rennes était fort mécontente car on paraissait se défier de certains de ses membres en livrant à l’arbitraire la désignation de ceux qui auraient montré plus ou moins de civisme.
L'organisation de ces compagnies franches rencontra donc de sérieuses difficultés et ne pouvait contribuer d’une façon bien active à la répression de la chouannerie. L'administration centrale qui s’en aperçut vite ne cessait de réclamer des renforts : le gouvernement les promettait depuis de longs mois, mais l’armée dite d'Angleterre toujours réduite aux mêmes effectifs trop restreints restait, malgré son titre, peu inquiétante pour nos voisins d'outre-mer. Le 2 thermidor an VII (20 juillet 1799), Fouché était devenu ministre de la police remplaçant Bourguignon”. Il cherchait à faire prendre patience aux administrateurs. Comme le Corps législatif avait voté le 24 messidor (12 juillet) une loi sur la répression du brigandage* il demanda aux Conseils de l'appliquer à l'Ille-et-Vilaine.
Le 28 fructidor an VII, les Cinq Cents adoptèrent un projet de résolution en ce sens, et le 1* jour complémentaire (17 septembre 1799) après un rapport de Jan, député de l'Eure, le Conseil des Anciens déclara l’urgence et vota la proposition. Les jours suivants 2 et 4 complémentaires, les mêmes dispositions furent appliquées à la Sarthe, au Morbihan, au Maine-et-Loire, à la Mayenne, à la Manche et aux Côtes-du-Nord *. D’après les instructions de Fouché, les administrateurs firent une proclamation où ils engageaient tous les jeunes gens qu’un moment d'erreur pouvait avoir entraînés dans le parti de la révolte, à déposer les armes, car à défaut d’une prompte soumission leurs pères et mères seraient pris comme otages et con-
. Feburier, ouv. cité, p. 11.
Arch. dép., L. 235. Arrêté du 13 vendémiaire an VIII (5 octobre 1709). . Bulletin des Lois, 2e série. B. 297, 3160.
3ulletin des Lois, 2e série. B. 295, 3139.
. Arch. nat , AD xvz, 4x et Bulletin des Lois, 2° série. B. 312, 3284.