‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 51 sur 221 · Arch. municipales de Rennes. Registre Dt 7, fol · texte numérisé non relu

Arch. municipales de Rennes. Registre Dt 7, fol

h. Arch. municipales de Saint-Servan, I. D. Volume 12. Délibération du 6 vendémiaire an VIII

Les chouans qui n'étaient pas en mesure de pénétrer dans Rennes, ni même dans Saint-Servan, portaient de préférence leurs attaques sur des points plus vulnérables et des cités de moindre importance, plus éloignées de tout secours immédiat. Ils inquiétèrent beaucoup le Sud du département, la région limitrophe du Morbihan. Bain et Redon furent successivement occupés par eux dans des circonstances qu'il est intéressant de rappeler car elles nous serviront d'exemples pour achever de faire connaître le caractère de toutes leurs incursions.

Bain avait pour se protéger des rebelles un cantonnement de 4o soldats et 12 gardes nationaux. Comme aucune nouvelle inquiétante ne lui était parvenue le commandant militaire, Kirche, partit le 7 brumaire (29 octobre) au matin avec sa petite troupe pour chercher des grains dans les villages environnants. À une heure de l'aprèsmidi des cultivateurs accourent épouvantés et annoncent l'approche des chouans : ils sont plus de 1 500, disent-ils, demandent qu'on leur ouvre les portes et livre les armes. Désarroi complet. Le commissaire du Directoire, Lesaulnier, et l'adjoint Jolivet, font battre la générale et réunissent autour d'eux une centaine d'hommes auxquels on distribue tous les fusils disponibles. Mais le défaut de commandement entraîne le désordre ; le plus grand nombre prend peur en apercevant de la hauteur du cimetière les chouans se former en colonne sur la butte de Cogueneuf. On évacue le bourg en toute hâte et les fuyards viennent chercher un refuge jusqu'à Rennes. Les chouans dont la panique avait exagéré les forces n'étaient en réalité que 500 ; ils enlevèrent dans Bain toutes les armes qu'ils purent trouver, forcèrent la caisse du percepteur où ils enlevèrent plus de 2 6oo francs ; puis ils se retirèrent devant une colonne de troupes envoyée par le général Gency à la demande de l'administration centrale qui avait témoigné un vif mécontentement aux administrateurs de Bain pour leur manque de prévoyance. Ceux-ci rédigèrent un long rapport où ils accusaient les habitants de Fougeray d’avoir caché les bandes royalistes sans donner aux gens de Bain aucun avis de leur approche’. Les communes eflrayées par les menaces de l'amende se dénonçaient ainsi les unes les autres. Mais cette fois, ni Fougeray, ni Bain ne furent punies, car une affaire plus grave occupa bientôt les administrateurs d’Ille-et-Vilaine : l'entrée des chouans à Redon quelques jours après, le 19 brumaire (10 novembre

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