CHAPITRE III
LES PREMIERS MOIS DU CONSULAT DANS L’ILLE-ET-VILAINE. LE PLÉBISCITE DE L'AN VII
SOMMAIRE
LE — L'administration centrale fait proclamer à Rennes les lois du 18 et 19 brumaire. Les consuls provisoires décident l’envoi de commissaires extraordinaires dans les 25 divisions militaires et accordent à ces délégués des pouvoirs discrétionnaires. Mission du représentant Challan dans l'Ille-et-Vilaine (frimairenivôse an VIIT).
IT. — Bonaparte adopte d’abord à l’égard des départements insurgés de l'Ouest une politique de conciliation. Suspension d'armes. Proclamation des consuls le 7 nivôse (28 décembre 1799). Négociations du général Hédouville avec La Prévalaye. La plupart des chouans continuent leurs incursions.
IIT. — Bonaparte en vient à la politique de répression violente. La loi du 23 nivôse (10 janvier 1800) suspend l'exercice de la constitution dans l’Ille-et- Vilaine. Brune général en chef de l’armée de l'Ouest. Situation précaire de cette armée. Nouvelles instructions données par Bonaparte au général Brune. Répartition des troupes dans l'Ille-et-Vilaine au mois de pluviôse. Soumission d’une grande partie des bandes insurrectionnelles.
IV. — Le plébiscite de nivôse. Petit nombre des votants. Attitude et rôle du clergé réfractaire. La majorité réelle est aux abstentionnistes. V. — Visite de Brune à Rennes. Le régime constitutionnel est rétabli dans la
ville. Nomination du 1°" préfet Borie, le 11 ventôse (2 mars 1800). Dévouement des anciens administrateurs. Services qu'ils ont rendus.
I. — Le 21 brumaire au soir (12 novembre 1799) l’administration centrale reçut par un courrier extraordinaire les lois promulguées les 18 et 19. Les jours suivants elle s’empressa de les faire
Bibliographie.
À. Archives départementales.
Série L (Documents de l'administration centrale). L. 298
connaître à tous les citoyens dans les carrefours de Rennes, au son de la musique de la garde nationale. Le changement opéré à Paris, disaient les administrateurs dans leur proclamation, allait être «le prélude d’une ère de tranquillité intérieure et de paix extérieure ». Il y eut certainement à Rennes des protestations assez Vives dont nous trouvons la preuve dans une lettre de Baymé, commissaire du gouvernement : il y disculpe très neltement l'administration centrale d’une imputation calomnieuse. Certains de ses adversaires insinuaient qu'elle avait elle-même protesté contre la journée du i9 brumaire, et on avait rédigé à Rennes une protestation contre les événements de Saint-Cloud. Le commissaire fit rechercher ce factum, mais ses auteurs, bientôt convaincus qu'ils n'avaient aucune chance sérieuse de succès, le firent eux-mêmes disparaître”.
On constate d’ailleurs par les délibérations du Consulat provisoire que Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos se préoccupèrent de l'opinion provinciale au sujet des événements de brumaire et qu'ils Jugèrent utile de Les expliquer sans retard et à leur façon pour éviter tout malentendu fâcheux susceptible de provoquer des troubles ou des insur-
Archives du Palais de Justice de Rennes. Registres du tribunal criminel. Registres du Conseil général an VIIL B. Archives municipales de Rennes.
Registre D! 7, fol. 89, 1x1.