C. Archives nationales
AF 1v, 911 (minutes des procès-verbaux des séances des consuls). AF 1v*, registre 21.
AF 1v, 86r (Minutes de lettres du re' Consul). AF 1v, 1590. Correspondance des généraux, guerre des chouans. Fa, 552 (Commissaires extraordinaires depuis le Directoire). B 11 191-194 (Votes populaires pour le plébiscite än VIID). D. Archives historiques du ministère de la Guerre. Correspondance générale et correspon dance pour l’armée de l'Ouest an VII.
E. Bibliothèque nationale. Manuscrits, fonds français 1136r. Rapports de police an VIII.
29 Documents CONTEMPORAINS IMPRIMÉS.
Bulletin des Lois, 2e et 3e séries, passim.
Manifeste des royalistes des provinces de l'Ouest en réponse à la proclamation des soi-disant
Consuls, 1800, in-8 [Bibl]. nat., Lb 43/60].
39 Livres RÉCENTS.
Registre des délibérations du Consulat provisoire, publié par M. Aulard, 1894, in-8 [Bibl. nat., Lb 43/908].
Chassin, Les Pacificalions de l’Ouest, 3 volumes [Bibl. nat., Laÿ5/r25ter],
1. Arch. nat., KIB 11. Ille-et-Vilaine, 2. Baymé au ministre de l'Intérieur, 29 frimaire (20 décembre).
rections. Dans leur dixième séance du 29 brumaire (20 novembre) ils décidèrent l’en voi de commissaires extraordinaires quise rendraient dans chacune des 25 divisions militaires alors existantes. Ces délégués devaient instruire le peuple, au besoin par des proclamations, s'ils le jugeaient nécessaire, sur les causes des journées des 18 et 19 brumaire et les heureux résultats qu’elles ne pouvaient manquer d’amener pour la France. Des pouvoirs discrétionnaires leur étaient attribués et faisaient d'eux de nouveaux représentants en mission. « Ils prendront, dit le procès-verbal de cette séance, des renseignements sur les principes et la moralité des fonctionnaires publics ; ils pourront suspendre et remplacer provisoirement ceux qui ne jouiraient pas de la confiance publique; ils feront fermer toute réunion contraire à l’ordre établi et à la tranquillité publique'. »
On conçoit qu'avec de pareilles instructions il devenait bien difficile pour la pensée libre de risquer la moindre manifestation extérieure qui ne serait pas un hymne en l'honneur des vainqueurs du régime directorial, et bien dangereux pour tous les citoyens des divers départements qui seraient honorés de la visite des délégués consulaires, de ne pas reconnaître, au moins par une silencieuse approbation, que tout était pour le mieux dans la meilleure des républiques possible. La mission de ces délégués dura tout le mois de frimaire ; 1ls purent ainsi vérifier les premiers votes relatifs à l’acceptation de la nouvelle constitution du 23 frimaire (14 décembre), dite de l’an VIIT, et guider l'opinion pour ce plébiscite important qui devait consacrer par un manifeste solennel l'œuvre des journées de brumaire. Lorsque Le Consulat provisoire eut pris fin le 3 nivôse (24 décembre), dès la 1° séance des consuls Bonaparte, Cambacérès, Lebrun, définitivement installés le 4 nivôse, les délégués furent rappelés de leurs divisions respectives et durent se rendre sans délai à Paris pour rédiger leurs rapports et les présenter au ministre de l'Intérieur”.
Le représentant Challan avait été désigné pour visiter les départements qui faisaient partie de la 13° division militaire. Il se rendit à Rennes, mais ne dépassa point cette ville *. Il ui fut impossible de
1. Registre des délibérations du Consulat Provisoire, publié par M. Aulard, p. 30.
2. Arch. nat., AF 1v, 911. Minutes des procès-verbaux des séances des Consuls, 4 nivôse. La liste des délégués se trouve dans le dossier FI, 552. M. Aulard l’a publiée dans le recueil cité, page 29. Voir aussi Bulletin des Lois, Il, B. 330.
3. Je n’ai pas trouvé trace de sa mission aux Archives départementales. Quelques fragments de ses rapports du 22, 25 frimaire se trouvent aux Archives nationales, Fa, Db2.
gagner sans danger les départements du Morbihan et du Finistère, car les communications étaient sans cesse interceptées par les insurgés. Dans les bourgades des environs de Rennes qu'il put parcourir, il remarqua la peur ou l'indifférence des habitants : aussi fort peu d’entre eux allaient-ils prendre part au plébiscite pour l'acceptation du consulat. Sur le registre ouvert à Rennes par l'administration centrale on voit la signature de Challan et de son secrétaire”. Après avoir fait une proclamation en termes très mesurés pour rassurer les esprits, 1l regagna Paris le 5 nivôse et put exposer aux consuls la gravité de la situation dans l'Ille-et-Vilaine en leur faisant comprendre que la suspension d'armes consentie par eux ne profitait qu'aux insurgés qui continuaient à se recruter sans cesse et à lever des contributions en argent et en nature *.
IT. — Bonaparte, en effet, pour mettre en pratique le programme de conciliation qu'il avait déclaré vouloir adopter dès le lendemain du Coup d’État, employa d'abord des mesures pacifiques à l'égard des départements insurgés de l'Ouest. Pourtant les premiers rapports qui lui étaient parvenus sur ces contrées ne furent guère encourageants. Le nouveau ministre de la Guerre, Berthier, dans un compte rendu du 26 brumaire (17 novembre) montrait la nécessité d’envoyer des renforts à l’armée de Bretagne que l’on continuait à dénommer officiellement armée d'Angleterre et annonçait que le général en chef Michaud pour arrêter les progrès des chouans avait fait mettre en état de siège Les communes de Rennes, Vitré, Fougères, Châteaubourg, Saint-Aubin-du-Cormier, Dol, Châteauneuf, Hédé, Montauban, Bécherel, Montfort, Saint-Méen, Bain, Redon, La Guerche, Antrain et Châteaugiron *. Mais Bonaparte suivant les avis de Fouché voulait l’apaisement. Il fit abroger la loi du 24 messidor an VIT sur les otages par une nouvelle loi du 22 brumaire (13 novembre). Tous les individus arrêtés devaient être mis en liberté : tout