‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 56 sur 221 · Arch. nat., B 11, 192 et Fla · texte numérisé non relu

Arch. nat., B 11, 192 et Fla

2. Challan était né à Meulan en 1794 ; en 1790 il devint procureur syndic de Scine-et- Oise, en 1795 président du tribunal criminel du département. Il fut élu député aux Cinq- Cents le 27 germinal an VI; après sa mission dans l'Ouest il entra au Tribunat, vota pour le consulat à vie et pour l'empire. Nommé membre de la Légion d'honneur, le 26 frimaire an XIL, il passa au Corps Législatif en 1807, après la suppression du Tribunat. En 1814 il vota la déchéance de Napoléon; on trouve sa signature au bas du procès-verbal de la délibération (Bulletin des Lois, 5° série, B. I. 9). Non réélu député en 1815, il rentra dans la vie privée et mourut en 1831 à Paris.

3. Berthier avait été nommé ministre dans la ire séance du Consulat provisoire, le 20: brumaire. Archives historiques de la guerre. Correspondance générale de l’an Vill.

séquestre était levé’. Quelques semaines plus tard le 7 nivôse (28 décembre) les consuls adressèrent une proclamation aux habitants de l'Ouest. Tous les attroupements d'insurgés devaient se dissoudre. Les armes de toute espèce seraient déposées dans les endroits prescrits par le général en chef. Pour prix de cette soumission, on accorderait un oubli complet, une amnistie entière et absolue de tous les événements passés *. En vertu de cet arrêté des consuls, les chefs militaires firent mettre en liberté sans jugement un grand nombre d'insurgés prisonniers, comme on le voit par les registres du tribunal criminel de Rennes *

Le général Hédouville fut choisi pour remplacer Michaud à la tête de l’armée d'Angleterre *. Il ne demanda pas grand effort à ses troupes, et s’occupa surtout de négocier. Il entama de longs pourparlers avec La Prévalaye qui tenait toujours campagne dans l'Ille-et-Vilaine ainsi qu'avec d'autres chefs royalistes de la Vendée et du Maine-et- Loire. Ces négociations complétées par quelques entrevues aboutirent à un acte de pacification du 21 nivôse (11 Janvier 1800) rédigé à Candé. On y voit les signatures de La Prévalaye, du comte de Bourmont, du comte de Suzannet, d'Autichamp, de Châtillon, d'Andigné”. Mais si certains chefs royalistes paraissaient sérieusement disposés à une entente, d’autres n'agissaient pas avec sincérité

“etil était bien difficile d'imposer une même ligne de conduite à tant de capitaines de bandes dispersées des rivages du Morbihan aux collines de Normandie. Il y avait des irréconciliables qui répondirent à la proclamation du 7 nivôse par un manifeste et une satire violente contre Bonaparte, le nouveau Cromwell. Voici ce qu'on lisait dans cet appel guerrier en faveur de la bonne cause : « La guerre que les royalistes ont entreprise et qu'ils veulent soutenir est une guerre sainte et sacrée. Le devoir des chefs des royalistes est d'employer les armes que S. M. Louis XVIIT leur a confiées pour étendre les progrès, pour agrandir le foyer de cette guerre sainte... Les royalistes armés des provinces de l'Ouest, en recevant les secours généreux de l'Angleterre, sont tous résolus à ne pas subir le joug d’un

Bulletin des Lois, II° série. B. 325, 3419.

Bulletin des Lois, II° série. B. 342, 3518.

Archives du Palais de Justice de Rennes.

h. Hédouville (Gabriel-Joseph de) était né à Laon le 27 juillet 1755 ; sous-lieutenant aux dragons de Languedoc en 1573, il était capitaine en 1792, général de brigade et chef d'état-major de l’armée de là Moselle, en mars 1793. Il fut plusieurs fois suspendu de ses fonctions.

5. L’'original est aux Archives historiques de la guerre. Correspondance de l’armée

d'Angleterre an VIII.

usurpateur ’. » Avec des hommes égarés par un loyalisme excessif et qui osaient encore invoquer le secours généreux d'une puissance étrangère alors en guerre contre leur patrie, 1l était évident qu’une politique de ménagements ne pouvait conduire qu à des résultats infructueux. D'ailleurs beaucoup d’entre eux crurent qu’elle était seulement l'indice des craintes du gouvernement consulaire à leur égard et ils se disposèrent à profiter des avantages et du répit qu'on leur accordait pour accroître leur nombre et continuer l'insurrection. Pendant que les troupes républicaines observaient l'armistice, des bandes de chouans pillaient mieux que jamais les communes rurales et embauchaient les habitants par centaines en menaçant de les fusiller, s'ils tentaient de revenir dans leurs foyers. Ils disaient hautement qu'ils se moquaient des proclamations nuelleuses du général Hédouville et de la suspension d'armes acceptée à tort par quelques-uns de leurs chefs. Dans le bourg d’Argentré ils procèdent solennellement à la bénédiction de plusieurs drapeaux blancs; ils occupent Plélan et y lèvent des contributions ; à Renac ils confisquentles grains et les bestiaux du président de l'administration municipale, Du Pasquier ; à Tinténiac, ils soumettent les acquéreurs de biens nationaux à toutes sortes de vexations”. Nous pourrions multiplier les exemples de méfaits semblables dans toutes les parties du département. Aussi de vives protestations s'élèvent contre cette audace des insurgés irréconciliables. L'administration municipale de Rennes adressa une lettre aux consuls pour les supplier de venir en aide aux autorités impuissantes du département *.

IT. — Fouché, convaincu par les rapports nombreux qui lui arrivaient chaque jour, dut reconnaître que le but cherché n’avait pas été atteint et que les mesures de conciliation n'avaient pas amélioré la situation telle qu’elle était aux derniers jours de l’an VIT. Dans son rapport aux Consuls du 24 frimaire (15 décembre) il déclare déjà que les chouans « ont continué et peut-être multiplié leurs excès‘ ». Alors Bonaparte n'hésite pas à revenir aux mesures de rigueur. Le 21 nivôse (11 Janvier 1800) parut une nouvelle proclamation dont

1. Manifeste des royalistes des provinces de l'Ouest en réponse à la proclamation des soidisant consuls, 1800.

2. Arch. nat., FT 7686. Baymé au ministre de l'Intérieur, 14 frimaire an VIIL. Arch. hist. de la guerre. Correspondance de l’armée d’Angleterre Baymé à Berthier, 13 nivôse

an VIII (3 janvier 1800).

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