‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 70 sur 221 · Arch. dép., 16 M 54. Borie au ministre de l'Intérieur · texte numérisé non relu

Arch. dép., 16 M 54. Borie au ministre de l'Intérieur

et le parti révolutionnaire l’accusait d’avoir reçu autrefois de nombreuses gratifications et d’avoir participé aux largesses du trésor royal. Borie résolut alors de se retirer mais auparavant il adressa une belle justification de son passé à l'assemblée électorale réunie sous la présidence de Le Coz en l’église du collège de Rennes (29 août-6 septembre 1791). Dans cette lettre son éloquence concise ressemble à celle des magistrats romains des premiers temps de la République, tels que les dépeint Tite-Live, et Borie se les était sans doute plus d'une fois proposés pour modèles. « Il est pénible, dit-il, de descendre à une justification lorsqu'on est sans reproche, mais le silence de l’honnête homme enhardit la calomnie. J'aurai donc le courage de parler de moi. Je fus longtemps homme publie : lequel doit me suivre dans ma retraite de l'honneur ou du mépris". » Il n'eut pas de peine à démontrer l'honnêteté de sa carrière antérieure. Le corps électoral déclara que « la justification de M. Borie n'était pas nécessaire, parce qu'il n'existait aucune inculpation contre lui dans l’esprit des membres qui composaient l'assemblée ? ».

Borie se retra avec l'estime de tous les gens de bien qui avaient su l’apprécier. IL vécut complètement à l’écart pendant les grands troubles de la Terreur°. Le choix du premier Consul allait de nouveau faire de lui comme dix ans auparavant, le premier magistrat du département. Bonaparte fit ainsi de préférence appel pour ses collaborateurs départementaux aux modérés, aux libéraux, aux hommes de 89, qui par leurs noms seuls paraissaient les représentants désignés d’une politique d’apaisement.

Le nouveau préfet trouva donc dans le département toute la sympathie que devait lui mériter son passé. Le jour même de son installation (5 germinal-26 mars 1800) il reçut une lettre fort élogieuse de l’administration municipale qui se faisait auprès de lui l’interprète de la satisfaction générale causée à Rennes par son arrivée ‘. Borie en fut très touché et voulut montrer qu'il ne venait pas avec le désir d'innover brusquement et de substituer en quelques jours les corps nouveaux établis par les lois et arrêtés consulaires aux assemblées de la période précédente. L'arrêté des consuls du 17 ventôse (8 mars) portait (article 5) que les administrateurs municipaux

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