‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 74 sur 221 · Arch. dép., 9 M 82. Lettre du 22 prairial (11 juin · texte numérisé non relu

Arch. dép., 9 M 82. Lettre du 22 prairial (11 juin

Borie : « La manifestation des principes individuels de chacun des préfets de la République ne pourrait amener que de graves inconvénients’. » Borie était donc invité à faire observer strictement le calendrier républicain, mais avec tous les esprits éclairés, il en prévoyait la prochaine et inévitable disparition. Il cherchait à gagner du temps et à mettre le gouvernement en présence du fait accompli. «Je ne vous dissimulerai pas, écrit-1l au ministre de l'Intérieur, que pour activer la pacification on a laissé le peuple se reporter à ses anciennes habitudes : le relâchement est tel que le decadi n’est plus même un jour de repos *.» Il savait bien que le premier consul et ses ministres ne lui tiendraient guère rigueur à ce sujet, car l'observance du decadi n’était pas essentielle pour la prospérité de la République et de tous les points du territoire arrivaient des lettres préfectorales analogues aux siennes*. Il ‘importait surtout de ne pas compromettre l’œuvre d’'apaisement par de telles chicanes et de ne pas contrarier les cultivateurs pour des questions de foires et de marchés dans un pays si respectueux de ses traditions. Borie écrivait en ce sens aux sous-préfets qui avaient déjà prescrit à la gendarmerie d'intervenir pour faire observer le calendrier républicain : € Faites respecter l'arrêté du gouvernement par voie de conciliation sans permettre qu'il s'engage aucune espèce de combat et que l’on soit exposé à voir couler le sang pour de pareils objets de commerce et d'usage *. » Le préfet tempérait ainsi par la prudence l'exercice de son autorité et le zèle de ses subordonnés. Durant toute son administration 1l ne devait point se départir de cette sage règle de conduite, dont nous aurons plus d’une fois encore, par la suite de notre étude, à montrer les heureux résultats.

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