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L'ÉTAT DE SIÈGE

SOMMAIRE

TL. — Difficultés que présente la mise en pratique de la conscription dans l’Illeet-Vilaine. Loi du 17 ventôse (8 mars 1800) relative à la levée des contingents militaires. Le préfet, désireux de maintenir la paix intérieure, finit par obtenir des ministres de la Guerre, Carnot et Berthier, un régime spécial pour son département au cours des années 1800 et 1801.

I. — Continuation de l’état de siège dans la plupart des communes du département. Les relations entre les autorités civiles et militaires entraînent souvent de fâcheux conflits, malgré les lettres de Carnot et les prudentes instructions du préfet à ses collaborateurs.

III. — Les dernières bandes insurrectionnelles d’Ille-et-Vilaine : les Bobons dans l’arrondissement de Fougères. Leur dernier exploit à la Chapelle-Janson. Arrestation du commandant Vernier. La bande est détruite au mois de juin 1800. Mesures prises contre les derniers rebelles de l'arrondissement de Saint- Malo. L'affaire du Mont-Dol et le maire Provost. La ferme attitude de Borie modère les exigences de Bernadotte. L'état de siège est levé pour les communes de Rennes et de Saint-Servan, 17 brumaire an IX (8 novembre 1800).

I. — La France attendait la paix extérieure promise par le gouvernement de brumaire, mais pour vaincre l'Autriche doni les armées victorieuses en 1799 occupaient toute l'Italie du Nord, et pour inti-

Bibliographie.

ji SOURCES MANUSCRITES,

À. Archives départementales.

7 R 30 (Lettres du préfet pour les affaires militaires). 8 M 3 (Haute police. Dossiers de la bande des Bobons et de l'affaire du Mont Dol). 9 M 82 (Troubles de l'Ouest. Correspondance du préfet).

mider l’Angleterre, maîtresse des mers, 1l fallait de toute nécessité des forces militaires nouvelles. Aussi les nouveaux préfets allaient-ils être mis en demeure de donner une satisfaction immédiate aux exigences des consuls et de lever des contingents. Cette mesure devait être particulièrement dangereuse pour les départements de l'Ouest. Borie s’en rendit compte : par sa connaissance exacte du pays et du tempérament de ses habitants il comprit qu'on ne pouvait songer à rétablir le calme dans une région où la guerre civile n'était pas encore complètement éteinte, si le nouveau gouvernement par l'organe du préfet réclamait aux populations des campagnes souvent mal disposées la redevance immédiate de l'impôt du sang. La grande insurrection vendéenne n’avait-elle point débuté en 1793 par un refus des paysans du Bocage angevin de se soumettre à la levée de 300 000 hommes ordonnée par la Convention ? Sans doute le zèle royaliste avait bien faibli et on ne reverrait plus fort heureusement les luttes terribles des Mayençais et des Blancs et ces rivalités d’héroïsme si dramatiquement dépeintes par Victor Hugo dans les pages émouvantes de 93, mais on pouvait craindre encore de voir les dernières bandes de chouans grossies par les conscrits réfractaires. Borie réussit par sa prudence à prévenir ce danger très réel, et par ses avis motivés il parvint à convaincre le gouvernement consulaire d’accorder au département un régime nes Grâce à lui la muse en route des conscrits d’Ille-et-Vilaine fut ajournée durant ses deux années d'administration.

Déjà le Directoire n'avait pas osé faire appliquer d’une manière stricte dans les départements de l'Ouest la loi de conscription et envoyer par force les conscrits de cette région à la défense des fronüères lointaines d'Italie et du Rhin. Il avait prescrit seulement un régime d'exception par l'établissement des compagnies franches (loi du 14 messidor an VIT-2 juillet 1799 ‘). Mais nous avons vu précédemment que la levée de ces compagnies n’avait pas donné de bons résultats dans l’Ille-et-Vilaine et suscité tout au contraire des diffi-

B. Archives nationales.

F7 7726 (Lettres du préfet à Fouché).

C. Archives municipales de Dol. Registre de la correspondance des maires et adjoints (arr

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