LA CONSCRIPTION EN L'AN VIII ET EN LAN IX
cultés nouvelles à l’administration centrale du département. Le gouvernement consulaire avait d’abord suivi la même politique et maintenu le régime spécial par l'arrêté du 14 pluviôse an VIII (3 février 1800"). Les hommes qui faisaient partie des compagnies franches seraient désormais distribués en 4 bataillons francs de l'Ouest. Le bataillon n° 2 devait être formé sur le territoire de la 13° division militaire à l'effectif de 9 compagnies avec un total de 1 260 hommes. L'administration centrale s'était encore occupée dans le dernier mois de sa gestion de fournir ce contingent militaire. Mais peu de temps après, Bonaparte toujours guidé par son désir de soumettre toute la France à une organisation identique et à des mesures uniformes faisait promulguer la grande loi du 17 ventôse (8 mars 1800) qui mettait à la disposition des Consuls tous les Français âgés de 20 ans accomplis au début de l’an VIIT*. Les conscrits indigents et incapables de supporter les fatigues pouvaient obtenir des congés définitifs ; les autres devaient rejoindre leurs corps respectifs dans le délai d’un mois, sinon ils devaient se faire remplacer ou payer une indemnité de 300 francs. Faute d’avoir rempli ces formalités ils seraient immédiatement considérés comme déserteurs. :
L'application intégrale de cette loi dans le département d'Ille-et- Vilaine aurait présenté les plus graves difficultés. La seule organisaüon du 2° bataillon franc avait demandé beaucoup de peine : un grand nombre de conscrits appelés à en faire partie étaient retournés dans leurs foyers, quelques semaines avant l’arrivée de Borie, au moment même où le général Brune était à Rennes remplissant la mission spéciale que les consuls lui avaient confiée. Le général n’eut garde de prendre des mesures de rigueur, car il craignait avant tout de porter atteinte à son œuvre d’apaisement. On ne pouvait donc pas demander au préfet. son successeur, d'entrer dans la voie des violences, quand il lui fallait procéder sans retard à l’œuvre difficile de l’organisation des municipalités. On aurait offert aux ennemis de la République un spectacle trop délectable en leur montrant les nouveaux maires et adjoints démissionnant presque partout pour éviter à leurs communes la lourde charge de la conscription, et un préfet réclamant d’eux des listes nominatives de conscrits qu'ils se refuseraient à lui fournir sous toutes sortes de prétextes, menaçant les insoumis à la loi de ventôse de mesures rigoureuses qu'il se garderait bien d'appliquer par peur de la guerre civile; et surtout