‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 77 sur 221 · Bulletin des Lois, IIIe série, B · texte numérisé non relu

Bulletin des Lois, IIIe série, B

on aurait donné à ces mêmes ennemis toujours en éveil des occasions faciles d'intervenir dans les communes rurales et d'y recruter à l’aide des jeunes gens réfractaires de nouvelles bandes insurgées. Bernadotte partageait à cet égard les craintes de Borie et le préfet put exposer à plusieurs reprises ses scrupules aux ministres de la Guerre et de l'Intérieur. Il leur déclare nettement que le premier de ses devoirs d'administrateur lui paraît être le maintien de la paix dans le département confié à sa direction, et qu’un tel résultat est prélérable à la mise en route de quelques conscrits. & Les préfets placés dans les départements paisibles, écrit-1l, ont sans doute l'avantage de remplir plus exactement les vues du gouvernement ; mais quand en voudra apprécier leur situation et la nôtre, on sera convaincu que les préfets des départements de l'Ouest ne manquent ni de zèle, ni de dévouement et qu'ils auront justifié la confiance dont ils sont investis, toutes les fois qu’ils auront ramené la paix dans des pays si longtemps dévastés par la guerre civile”. »

La sollicitude de Borie pour ses administrés eut gain de cause et ses instances furent écoutées par des ministres éclairés tels que Carnot et Berthier quien 1800 et 1801 dirigèrent les affaires de la guerre. La conscription de l’an VIIT et de l’an IX ne fut pas levée dans l'Ille-et-Vilaine. Le gouvernement très pauvre en deniers préféra augmenter ses ressources en permettant à {ous les conscrits de fourair un remplaçant ou de payer une somme de 300 francs. Les conscrits qualifiés d'indigents (ceux dont les parents ne payaient pas 50 francs d'impôts directs) seraient pourvus de congés définitifs, sans aucune autre obligation. Les consuls avaient fixé d’abord des délais stricts pour le payement des indemnités, mais Borie intervint encore et on renonça décidement à toute mesure rigoureuse. Nous constatons par une lettre du préfet au général inspecteur Ernouf, le 1° février 1801, que les généraux avaient accordé l'année précédente 699 congés définilifs ; 409 conscrits avaient bénéficié de la qualification d'indigents ; 290 avaient versé la somme de 300 francs”. Les 87 000 francs d'indemnité ainsi obtenus avaient été adressés par des envois successifs au directeur du trésor public à Paris. Les quelques eonscrits qui restaient disponibles et n'avaient pas fourni de remplaçcants furent affectés au complément des bataillons francs, d’après l'arrêté des consuls du 22 brumaire an IX (13 novembre 1800).

1. Arch. dép., 7 R 30, Borie à Lucien Bonaparte. Lettre du 13 messidor (2 juillet 2800).

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