Voir même partie, chap. 1v
2. Renseignements sur les conseillers généraux. Arch. dép., 1 M4, 5Mor, 5 M 55, ct Arch. nat , FICyr1, Ille-et-Vilaine, 3.
3. Arch. dép., 1 M 13. Arch. nat., FtB1r, Ille-et-Vilaine, 2.
nous comparons le Conseil général d'Ille-et-Vilaine à ceux de plusieurs départements qui ont été l’objet d’études spéciales, on peut remarquer que dans les Bouches-du-Rhône, sur 20 conseillers, 15) avaient exercé des fonctions publiques durant la Révolution’. Dans le Pas-de-Calais la proportion est encore plus forte: sur 20, 18 ont pris part aux événements de la Révolution : 6 sont d’anciens législateurs, 5 ont appartenu à l'administration départementale, 7 aux administrations de district ou municipales”. La composition du Conseil d’Ille-et-Vilaine à l’origine est donc analogue à celle de plusieurs autres départements et révèle bien les intentions de Bonaparte. Les nouveaux membres sont des négociants connus, des fonctionnaires, de grands propriétaires ou des hommes de loi, avocats, avoués, qui ont donné des gages sérieux à l’œuvre révolutionnaire. C’est bien le principe des notabilités qui triomphe avec l’époque consulaire. Remarquons que parmi ces conseillers généraux nous n’en trouvons que 4 dont le domicile habituel ne soit pas à Rennes: Dupuy Fromy à Saint-Malo, Le Bastard Villeneuve à Guignen, Quantin-Oudinais à Fougères et Varin à la Guerche. Les conseillers généraux ne sont donc nullement comme aujourd'hui les représentants directs des cantons. De même nous verrons les Conseils d’arrondissement formés de notables pris dans les chefs-lieux. IL est curieux de relever à ce sujet une protestation du Conseil municipal de Dol en l’an IX: € considérant que les membres d’un Conseil de département ou d’un arrondissement sont censés les représentants de chaque localité dans l’ordre administratif, qu'il n’y a plus égalité de représentation, si chaque localité n’est pas admise à fournir le nombre de représentants proportionné à sa population ; que c’est avec regret qu'on se trouve dans la nécessité de faire cette plainte au gouvernement sur la composition actuelle du Conseil de département et du Conseil de l’arrondissement de Saint-Malo, dont tous les membres, dignes d’ailleurs de la confiance publique, ont été choisis parmi les habitants des villes chefs-lieux ; le Conseil émet son vœu, pour qu à l'avenir chaque localité soit représentée dans ces Conseils par un nombre de membres proportionné à sa population. »