‹ Le Régime Corporatif ItalienChapitre 11 sur 58 · PEN · texte numérisé non relu

PEN

un devoir social, qu’il soit intellectuel, technique ou manuel, qu'il s’agisse d’organisation ou d’exécution. C’est enfin la production dont le but doit être le bien-être des individus et le développement de la puissance nationale. Les articles suivants rappellent les principes de l’organisation syndicale du contrat collectif et de la magistrature du travail, principes déjà établis par la loi de 1926. On arrive ainsi à l’article VIT, article extrêmement intéressant Car il constitue l’un des fossés qui, dans certains endroits, séparent profondément la doctrine fasciste du socialisme. | Ce texte, en effet, maintient à l’initiative privée un rôle prépondérant dans le processus de la production. L'Etat n’interviendra que quand cette initiative fera défaut ou sera insuffisante ou lorsque

les intérêts politiques de l’Etat seront en jeu.

Contrats Le deuxième titre de la Charte a collectifs pour objet les contrats collectifs de du travail. travail. [Ils doivent être conclus, en

principe, entre les associations syndicales du premier degré, mais les associations de degré supérieur ont la faculté de s’y substituer dans certains cas prévus par la loi.

L'objectif le plus important de ces conventions collectives est constitué par la détermination des salaires. Aucune règle générale n’est donnée pour cette appréciation qui doit se faire en tenant compte de trois éléments : les exigences de la vie des tra-

Le

vailleurs, l’état de la production et le rendement du travail. Ces éléments ne s’excluent pas les uns les autres, mais doivent, au contraire, se compléter. Toutefois, d’après une récente sentence de la Magistrature du travail, (la première condition doit toujours être respectée, afin d’assurer au travailleur un niveau de vie minimum ».

Les données relatives aux conditions de la production et du travail, à la situation du marché monétaire et aux variations du niveau de vie des travailleurs seront établies par les administrations publiques, par l’Institut central de Statistique et par les associations professionnelles légalement reconnues. Elles seront ensuite rassemblées et coordonnées par les services du Ministère des Corporations. Ce sont ces éléments qui fourniront le critère permettant de concilier les intérêts des différentes catégories et des diverses classes soit entre eux, soit avec l’intérêt supérieur de la production. La rétribution devra être effectuée sous la forme la mieux appropriée aux exigences de l’ouvrier et de l’entreprise.

Tels sont les principes qui vont servir à déterminer le «juste salaire ». Certains critiques se sont attachés à montrer le manque de précision de ces formules qui, selon eux, sont loin d'apporter aux salariés les mêmes garanties que le droit de grève. Il n’est pas douteux que toute détermination des salaires reste une question de fait soumise, en dernier

ressort, à la Magistrature du Travail.

Est-ce à dire qu'avec ce système, la classe ouvrière soit forcément lésée ? Nous ne le pensons pas, et d’ailleurs les grèves sont-elles toujours si profitables aux salariés ?

Bureaux de Les deux dermiers titres de la Charte placement. concernent l'institution de bureaux

de placement, les organisations de prévoyance, d’assistance, d'instruction professionnelle.

Les employeurs devront embaucher leurs ouvriers par l'intermédiaire de bureaux de placement institués au siège des syndicats. Ces derniers devront s’efforcer de sélectionner les travailleurs en développant leur capacité technique et leur valeur morale. "

Enfin, l'Etat fasciste s'engage à développer et à perfectionner les institutions de prévoyance, d’assistance, d'éducation professionnelle avec la collaboration des associations professionnelles.

La Charte du Travail est, avec la loi de 1926, l’un des documents fondamentaux de la doctrine fasciste. On lui a reproché son manque de précision. Sans doute est-elle surtout une affirmation de principes, mais ce caractère de généralité, qu’elle conserve, n'est-il pas indispensable à une déclaration qui doit servir de base à une foule d'institutions nou-

velles ?

MRCORRE

Page 1