CHAPITRE DEUXIÈME
La Loi du 5 février 1934.
Quelques semaines avant la promulgation de la loi, le 13 janvier 1934, le Duce prononça devant le Sénat un discours par lequel il annonçait la nouvelle organisation corporative et enprécisait les caractères. « L’économie corporative respecte le principe de la propriété privée. La propriété privée complète la personnalité humaine : c’est un droit, et si c’est un droit c’est aussi un devoir, à tel point que nous pensons que la propriété doit être entendue dans sa fonction sociale. Ce n’est donc pas la propriété passive, mais la propriété active, qui ne se limite pas à jouir des fruits de la richesse, mais qui les développe, les augmente, les multiplie.
« L'économie corporative respecte l'initiative individuelle. Dans la Charte du Travail, il est mentionné expressément que ce n’est que lorsque l’économie individuelle manque, qu’elle est inexistante ou insuffisante qu'intervient l'Etat. Un exemple évident, c’est que l'Etat seul, avec ses puissants
moyens, peut bonifier la Campagne pontine. Le prin-
PONT EEE
cipe corporatif introduit l’ordre même dans l’économie.
«S'il y a un phénomène qui doit être ordonné, qui doit être dirigé vers des buts déterminés, c’est précisément le phénomène économique, qui intéresse la totalité des citoyens.
« Ce n’est pas l’économie industrielle seule qui doit être disciplinée, mais également l’économie agricole (dans les moments faciles, quelques agriculteurs aussi ont déraillé), l’économie commerciale, la bancaire et jusqu’à l’artisanat.
« Comment cette discipline doit-elle se traduire dans les faits ? Par l’auto-discipline des catégories intéressées.
« Ce n’est qu’en un second moment, lorsque les catégories n’ont pas trouvé la voie de l’accord et de l'équilibre, que l'Etat peut intervenir, et qu'il en aura le droit souverain, même dans ce domaine, puisque l'Etat représente l’autre terme du binôme : le consommateur.
« La masse anonyme, qui n’est pas encadrée, en sa qualité de consommatrice, dans les organisations spéciales, doit être protégée par l’organe qui représente la collectivité des citoyens.
«À ce point, quelqu'un pourrait être amené à me demander : « Et si la crise finissait ? » Je réponds : « Surtout alors ! » Il ne faut pas se bercer d'illusions sur le cours rapide de cette crise. Les suites seront longues. Dans tous les cas, même si, d'aventure,
il y avait demain une reprise économique générale,