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La bonification A la polhtique des grands traintégrale. vaux publics en vue de l «outil-
lage national »se rattache l’œuvre de la « Bonification intégrale » des terrains maré-
cageux ou ravagés par les torrents dans les récions
montagneuses. Îl s’agit d'ailleurs dans ce cas, d'une entreprise de très longue haleine où les gouvernements qui précédèrent celui de Mussolim en Italie avaient déjà accompli — depuis 1880 —- des travaux importants (dans les Maremmes de Toscane, à l'embouchure du Pà, en Campanie). Mais le fascisme voit dans cet assainissement des zones que la malaria rendait inhabitables et dans l'extension de la surface cultivable un moyen efficace de favoriser le « retour à la terre » (l'un des objectifs essentiels du régime).
La loi de 192$ sur la « Bonification intégrale » pré-
voit le dessèchement de tous les marais qui infestent
encore diverses contrées de l'Italie, de très importants travaux d'irrigation et ensuite la création de colonies agricoles. Les célèbres marais Pontins, dont plusieurs Papes avaient déjà tenté l’assainissement ont été enfin « recouvrés pour la charrue du laboureur » et des paysans de la Romagne (patrie du Duce) et de certains districts surpeuplés de la Vénétie (162 habitants par mètre carré) ont pu être établis dans le voisinage de Rome. Des progrès remarquables ont été effectués dans les régions délaissées de la Sardaigne.
L'Etat a pris la direction des travaux de bonification mais en y faisant contribuer les particuliers, dûment organisés et contrôlés. Des subventions et des prêts à long terme et à faible intérêt sont accordés aux « consortiums » constitués par les propriétaires d’une localité pour améliorer les terrains environnants. Quant aux travaux plus considérables et qui ont un caractère d'utilité publique, l'Etat s’en charge entièrement.
L'ensemble de ces travaux, qui devraient être achevés en 1944, représentera une dépense globale d’environ sept milliards de lires. Plus de quatre milliards seront inscrits dans les budgets de l'Etat. Le reste doit être fourni par divers organismes financiers, tels que la Banque de Naples, le « consortium » de Crédit pour les Travaux publics et surtout par V « Institut national des Assurances sur la Vie», (1)
(1) On sait que ces assurances sont depuis 1913 un monopole d’Etat en Italie.
et l’Institut fasciste de la Prévoyance sociale,
Les « Consortiums de Bonification » que nous avons mentionnés et qui réunissent les propriétaires d'une province ou d'un district présentent une grande analogie avec les syndicats ouvriers selon le système corporatif : comme ces derniers, les « Consortiums » ont le monopole de la représentation ; il suffit qu'une décision soit prise par le quart des propriétaires d'une circonscription territoriale pour que tous les autres se trouvent sohdairement engaés.
Pour avoir un aperçu un peu moins sommaire
ue
soit des résultats acquis, soit surtout de l'exaltation particulière qui accompagne le « grand effort national », arrêtons-nous un instant à un épisode de cette campagne pour la conquête paafñique de « nouvelles terres ».
Le dessèchement des marais Pontins que nous avons déjà mentionné avait été confié à l'Association des Anciens Combattants.
En-décembre 1932, sur cette terre naguère putride et désolée on inaugurait ofliciellement la première commune rurale, entièrement construite, avec ses champs prêts pour le labour. Mussolini prononca, en cette circonstance, un discours dont l'extrait suivant nous fera mieux comprendre le programme que sest tracé le Duce en entreprenant l’œuvre de «bonification intégrale » +
« Cette journée est mémorable pour la révolution
des Chemuses Noires ; augurale pour la campagne
romaine, elle est encore glorieuse dans l’histoire du pays. Ce qui fut maintes fois tenté pendant les vingt-cinq siècles qui nous ont précédés, est en train de devenir une réalité vivante aujourd’hui. L’heure serait peut-être venue d’étaler une orgueilleuse complaisance. Et bien, non! Nous sommes tout simplement un peu émus, et ceux qui ont vécu les journées tragiques et glorieuses de la guerre victorieuse, doivent sentir leurs anciens souvenirs s’agiter tumultueusement dans leur cœur en passant devant des noms qui commémorent le Grappa, le Carso, l’Isonzo, le Piave. Aujourd’hui, avec l’inauguration de [Laittoria, nous pouvons considérer comme achevée la première partie de notre vovage. En d’autres termes, nous avons gagné la première bataille. 2
« Mais nous sommes fascistes et pour cela au lieu de nous arrêter sur le passé, nous regardons vers l'avenir.
« Toutes les batailles doivent être gagnées pour que la guerre soit victorieuse. Mais c’est seulement lorsqu’à côté des cinq cent maisons construites jusqu'ici, encore quatre mille cinq cents autres s’aligneront, ce n’est que lorsque les dix mille habitants d’aujourd’hui seront devenus les quarante ou cinquante mille que nous nous promettons de faire vivre sur ce que furent un temps les marais Pontins, que nous pourrons transmettre à la Nation le bulletin de la victoire décisive. Nous ne serions pas des fascistes si nous ne déclarions pas dès aujourd’hui avec l’exac-
J. de Bodin de Galembert 8
titude qui nous est habituelle et l'énergie qui est dans notre tempérament, quelles seront les phases successives de cette lutte : le 28 octobre 1933,on procédera à l'inauguration de neuf cent quatre-vingt- : uné nouvelles maisons de ferme ; le 12 avril 1934, la commune de Sabaudia sera imaugurée (je vous invite à prendre note de cette date) ; le 29 octobre 1934 enfin, on inaugurera la troisième commune : Pontinia. Alors, à ce moment-là, nous aurons probablement atteint le but et mené à terme notre programme.
« Je veux en premier lieu adresser mes félicitations au Président de l'Œuvre des Anciens Combattants ainsi qu’à ses collaborateurs immédiats, les ingémeurs et les autres techniciens. Je les adresse aussi aux travailleurs qui sont venus ici de toutes les régions d'Italie et aux paysans accourus de la vallée du Pô pour labourer ces terres » (1).
Depuis lors, suivant le programme prévu par Mussolini, la deuxième commune, celle de Sabaudia, a été inaugurée et la troisième, Pontimia, est en voie d'achèvement.
L'importance de l’œuvre accomplie sur tout le territoire italien est mise en évidence par les données Statistiques suivantes relatives à la période quinquennale qui va de juillet 1929 à juillet 1934. Les travaux de bonification de la compétence de
lP'Etat ont été achevés sur une superficie de plus de
(1) Corriere della Serra, déc. 1932.
deux millions d'hectares ; ils sont en cours d’exécution sur une superficie égale, notamment en Toscane, dans les Pouilles, dans la Vénétie Julienne, dans les Marches.
Au 1er juillet 1934, la transformation agraire qui suit de près l’assèchement était déjà bien avancée sur plus de 40% de la superficie bonifiée, Dans le Latium et les Abruzzes cette transformation atteignait même 80% des terres bonifiées.
Les travaux accomplis par les consortiums de pro-
priétaires ont été également très importants.
Le placement Le gouvernement fasciste s’est ouvrier. efforcé également de diminuer le chômage par une organisation méthodique de l’embauche. Les cérporations ont été chargées de créer des bureaux de placement ; une série de décrets et de mesures policières a réglé les migrations internes et on a aussi eu recours au «principe de l’obligation » imposant à chaque patron l'emploi d’un minimum de main-d'œuvre.
Le décret du 28 mars 1928 à mis sur pied les bureaux de placement prévus par la Charte du Travail. Leur siège est auprès de l’association syndicale pour chaque catégorie de travailleurs.
Les employeurs ne pourront désormais embaucher que les chômeurs régulièrement inscrits aux bureaux de placement ; leur choix est libre, mais avec cette restriction qu’ils doivent donner la préférence aux ouvriers membres du Parti fasciste et des syndicats
nationaux. Tout chômeur doit se faire inscrire sur les listes d'un bureau de placement au lieu de sa résidence. Une amende de 50 à 300 lires est infligée à quiconque aurait accepté du travail sans avoir été préalablement inscrit sur ces listes. Des pénalités analogues frappent les employeurs qui engage-
raient des ouvriers non inscrits.
Le livret . Le Chivret de travail », introduit de travail. en 1934 (tout à fait analogue à celui qu'avait institué en France le Pre-
mier Consul et qui ne fut abrogé qu’en 1891) complète cette « police du marché de la main-d'œuvre ». L'activité des bureaux de placement, limitée aux cadres régionaux, s’est avérée insuflisante pour organiser la répartition des travailleurs entre les dif- | férentes provinces du royaume, où le chômage sévissait dans des proportions inégales. Il était urgent d'obvier à ce déséquilibre. En même temps, le fascisme avait à cœur de traduire en actes le mot
d'ordre de Mussolini : « rurahser l'Italie ».
Les migrations Répartition inter-régionale des
internes. chômeurs, création de colonies
agraires, tel a été le double but
que poursuivit la politique des «migrations internes » inaugurée par le Gouvernement fasciste en 1930.
Un commissariat spécial fut créé pour diriger les
déplacements de la main-d'œuvre, en assistant les
ouvriers, en assurant leur ravitaillement aux points
de départ et d'arrivée des « courants migrateurs ». C’est surtout vers les campagnes que les émigrés furent dirigés. Parmi ces « émigrés temporaires », une sélection devait être opérée ; ceux qui s’adapteraient mieux que les autres aux nouvelles conditions, devaient être récompensés par des subsides et encouragés de toutes manières à se fixer définitivement.
En 1932, deux ans après la création du « Commissariat des migrations internes », celui-ci avait placé environ 20.000 ouvriers dont 16.000 agricoles et 4.000 industriels dans des provinces nouvelles dont un certain nombre en Tripolitane (1).
Depuis leur création, les Corporations ont consacré la presque totalité de leur activité à la lutte contre le chômage. 5
Pendant toute l’année 1934, 1l ne se passait pas de jour sans que le Lavoro fascista ne publiât le texte d’un nouvel accord entre employeurs et salariés pour une meilleure répartition du travail.
La semaine Il convient de signaler ici ladopde 40 heures. tion de la semaine de quarante
heures en Italie. Elle a d’abord été introduite dans l’industrie, puis dans les entreprises commerciales.
Son but est de répartir d’une manière plus uni-
forme le temps de travail offert aux ouvriers. Mais
(1) Rosenstock Fran ck. d
elle s’est accompagnée d’une réduction proportionnelle des salaires, aussi n’a-t-elle pas été accneillie avec beaucoup d’enthousiasme par les salariés.
Tel quel, cet établissement de la semaine de qua- ‘rante heures dont l'application fut décidée par l’accord Pirelh-Canetti a pu s'effectuer très rapidement (dans les derniers mois de 1934) dans l’industrie textile. Le même accord prévoyait une réduction du personnel féminin dans les usines.
Le 2 décembre 1934, le Lavoro fascista annonçait la conclusion d'accords entre la fédération des industriels de la mécanique et de la métallurgie pour l’appheation de la semaine de quarante heures. Quatre jours après, dans le même journal (Lavoro faseista du 6 décembre). M. Luigi Fontanelli attirait l’attention sur les accords conclus entre les travailleurs et les industriels du papier et de l’imprimerie, notamment à propos d’un article où il était stipulé que lorsque « dans une section la diminution des horaires de travail n’aura pas amené l'embauche d’ouvriers.dans une mesure correspondante, de nouveaux ouvriers devront être embauchés, fut-ce pour être affectés à d’autres sections ».
Les journaux du 1€T janvier 1935 indiquaient qu’à la suite des accords Canetti-Pirelli établissant la semaine de quarante heures, avec une diminution correspondante des salaires, cent vingt-huit mille deux cent deux ouvriers avaient pu être embauchés.
Malgré le gros effort fourni par les bureaux des
Corporations, on comptait encore à la fin de 1934
près de neuf cent soixante-dix mille chômeurs en Italie.
Il y a cependant une amélioration sur les deux années précédentes puisque, depuis 1932, le nombre annuel de chômeurs dépassait un million.
La guerre Depuis quelques mois, les prépacontre ratifs de la guerre contre l'Ethiopie l'Ethiopie. ont «ranimé » certaines branches de la grande industrie, et de nombreux ou-
vriers ont ainsi retrouvé du travail. D'autre part, plus de cent mille travailleurs ont été envoyés en Erythrée et d’après les journaux italiens le nombre des engagés volontaires ne cesse de croître. Il est donc certain que le chômage doit être, à l’heure actuelle, en sérieuse régression dans la péninsule. Mais il est très difficile d’avoir, à ce sujet, des renseignements précis, car la situation se modifie de jour en jour, et il est tout de même paradoxal de considérer la guerre comme une « arme économique » contre le
chômage.