‹ Le Régime de Circulation sur les Routes FrançaisesChapitre 10 sur 145 · D 1 = REGARD D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

D 1 = REGARD D'ENSEMBLE

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Nous avons vu que le magnifique réseau des routes, construit sur notre sol par les Romains, était tombé peu à peu en ruine au cours des siècles de l’époque franque, pour disparaître entièrement dans l’anarchie qui clôtura le règne Carolingien. me

Le savant régime de circulation établi dans notre Pays par les légistes romains avait, bien entendu, subi la même décadence, et jusqu’à son souvenir s’était depuis longtemps perdu lorsque la Société recouvra de la stabilité.

Il fallut repartir du néant et créer de toutes pièces, avec un nouveau réseau routier, un nouveau régime de circulation.

La renaissance fut lente.

Le morcellement infini et complexe du pouvoir central, caractéristique de la Société féodale, qui faisait de chaque Seigneur un petit potentat, d’une indépendance absolue, rendait à peu près impossible, par la multiplicité des frontières intérieures, la construction de voies de communication de quelque continuité.

L’utilité de ces voies n’apparaissait d’ailleurs pas.

La circulation ne pouvait en effet se développer tant l’insécurité était extrême dans le pays. « Le royaume était en « proie à des troubles et à des guerres perpétuelles. On « n’entendait parler que de brigandages commis sur les « voies publiques » (4). — « Des brigands, ceints de glaive,

: (1) Guibert de Nogent. — Histoire de la Croisade. — Livre IT, chap. 7, année 1095.

« assiégeaient les routes, dressaient des embüûüches aux « voyageurs et n’épargnaient ni les étrangers, ni les hom- « mes consacrés à Dieu. Les villes et les forteresses « n'étaient même pas à l’abri de ces calamités » (1). On voyait jusqu'à de grands Seigneurs (2) pratiquer le brigandage et faire de leurs châteaux-forts des repaires de bandits.

Mais des causes exceptionnelles. surtout d’ordre religieux feront naître des courants de circulation puissants, que

r’arrêteront ni les embûches scélérates, contre lesquelles les

Rois réagiront d’ailleurs (3), ni le lacis inextricable des petites frontières seigneuriales. Un réseau rudimentaire de voies de communication apparaîtra, dont la coutume déterminera les conditions d’usage en nous donnant ainsi un premier embryon de réglementation routière. £

(1) Guillaume, Archevêque de Tyr (XIIe siècle). Histoire des Croisades. — Livre I, chap. 8.

(2) Citons parmi les plus connus : Hugues de Puiset, terreur de la Beauce et des pays Chartrains; Giraud de Berlai, à Montreuil; Thomas de Marle, à Crécy et Bernard de Cahuzac, en Périgord.

(3) Louis VI (1108-1137), fut le premier Roi qui entreprit une lutte sérieuse pour rétablir l’ordre dans le royaume. Le château de Monthléry, qui avait-été longtemps un asile de bandits, fut démantelé (Vie de Louis le Gros, par Suger, ap. Scrip., rer. gall. et franc., t. XII, p. 16). Le seigneur du Puiset, terreur @e la Beauce et Le pays chere éprouva aussi la force de la puissance royale, soutenue par le clergé et par 1 € (ibid, p. 32-41). L : : PES

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