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aboutit à un renforcement, à une consolidation de celle-ci. Elle l’a renforcée en donnant un stimulant à toutes les branches travaillant pour la Défense nationale, elle l’a consolidée en limitant les profits. L’impôt sur les bénéfices de guerre impliquait, en effet, une garantie de ceux-ci et poussait les
industriels à augmenter leurs dépenses de premier établisse-
ment afin de diminuer la part du fisc.
L'industrie se concentra davantage. Les cartels se multiplièrent. Ne se cantonnant plus dans les questions de contingentement et de prix, ils augmentèrent leurs pouvoirs au détriment des entreprises adhérentes. Ils devinrent même obligatoires en Allemagne, dans les principales branches de l'économie nationale. Si en France l'affiliation au consortium n'était pas imposée en droit, elle était indispensable en fait sous peine d'exclusion dans la distribution des matières premières. Dans la réalité également, l'échelle de répartition réduisait à l'excès la part de la petite et moyenne entreprise qui souffrait beaucoup de la taxation des prix en raison de son coût de production plus élevé.
Ainsi favorisées par ces unions, les grandes usines avaient intérêt pour augmenter leur contingent de matières premières à racheter des entreprises moyennes et à pousser au maximum la division du travail à l'intérieur de leur établissement.
La guerre a également accru la puissance de l'organisation ouvrière. Malgré la mobilisation des ouvriers, il fallait produire en grande quantité pour faire face aux besoins de
la Défense nationale. Il était par suite nécessaire de prévenir
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tout conflit par de larges concessions qui accrurent parmi les masses laborieuses l'illusion de leur toute-puissance. Des comités ouvriers furent ainsi créés en Allemagne, dès 1916. En Angleterre, dès 1914, le Gouvernement traita avec les Trade-Unions. Il dût même établir en 1917 une organisation de comités paritaires appelés les conseils Whitley.
La guerre a ainsi précipité la cadence de l’évolution industrielle en activant la concentration de l’industrie et en augmentant l’organisation du monde ouvrier. Elle fit apparaître également l'intervention directe de l’État dans le régime de la production.
Vivant d'emprunts, réduit au rôle de solliciteur, ce dernier a perdu toute liberté d'action et a ses intérêts solidaires de ceux des banquiers et des milieux d’affaires. Par son incapacité à résoudre sans gaspillage les difficultés extraordinaires de la guerre, par sa lenteur à faire disparaître après l’armistice les mesures de contrainte, de rationnement lui permettant de conserver d'innombrables fonctionnaires, il perdit plus ou moins la confiance du pays. L'opinion publique n’a pas encore oublié les longs stationnements aux portes des mairies pour l’obtention de cartes de pain ou de laissez-passer. Ce qu’elle a enduré pendant quatre ans par patriotisme, elle ne l’acceptera plus par manque de confiance, le danger militaire passé.
Les socialistes sont eux-mêmes obligés de condamner les entreprises d'État. Autant que les bourgeois, ils sont devenus ennemis de la routine bureaucratique qui étouffe les initiatives, supprime toute responsabilité et entrave le progrès. En
Angleterre, les socialistes des Guildes répudient l’État et