‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 58 sur 70 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La politique économique du Gouvernement à partir du mois de septembre 1922.

« Après la Révolution, écrivait la Xressnia Gazeta, le 18 septembre 1921, le Gouvernement avait décidé de rendre toutes choses gratuites pour améliorer le plus possible la situation des ouvriers et des employés. L'État en éprouva de nombreuses difficultés et ne parvint pas à maintenir en pleine activité les usines et les transports (1),

» La campagne cessa de faire crédit à la ville devenue de plus en plus consommatrice. Les impôts n'existant plus, elle ne rendit pas à l'État sous forme de paiements en espèces l'argent reçu en échange de ses produits. Ainsi amené à compter uniquement des dépenses, le Gouvernement multiplia les émissions de papier monnaie ».

Après épuisement des stocks légués par le régime antérieur, le Conseil des commissaires du peuple sentit en 1921

l’urgente nécessité de rétablir à tout prix l'équilibre du

(1) La production industrielle était tombée à 5 ou 25 0/6 environ de celle d’avant-guerre.

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budget. Pour ralentir la dévalorisation de l'argent, il essaya de drainer vers ses caisses ce papier dont le pays était sursaturé. La folie des impôts s'empara de toutes les administrations. On paya pour aller à l’école, pour recourir aux services du pharmacien, pour se faire raser chez le coiffeur, pour se faire enterrer. Les dépenses furent également comprimées.

« Les dépenses de la République des Soviets et de toutes ses institutions centrales doivent être réduites au strict minimum, adaptées à ses ressources et effectuées en observant rigoureusement le budget approuvé par le Comité central exécutif panrusse, déclarait le 9° Congrès des Soviets en décembre 1921. Les sacrifices imposés par la réduction des dépenses concernant la satisfaction de tels ou tels besoins doivent être consentis sans hésitation. Sans une réduction décisive du budget, il sera, en effet, impossible de rétablir l’économie du pays ».

Ces deux mouvements conjugués renversèrent l’équivalence des produits agricoles et manufacturés. En veillant en effet à la rentrée du prodnalog (impôt en nature), le Gouvernement parvint à se constituer une masse de manœuvre qui lui permit de peser sur le cours des céréales.

Le prix du pain baissa, les salaires également, mais les frais de production de l’industrie nationalisée restèrent sensiblement les mêmes. Mal gérée, écrasée par les frais généraux, sans fonds de roulement, sans stocks, cette dernière ne parvint pas à triompher de la concurrence

privée,

« Se contentant, en effet, de percevoir 5 à 15 0/0 de la valeur des marchandises pour prix de ses services, le commerçant privé faisait une concurrence désastreuse à l'État et aux coopératives dont les frais de vente s’élevaient en moyenne à 50 0/0 de la valeur des produits pour atteindre parfois plusieurs centaines de pourcents » (1).

Pour assurer un débouché à ses produits, le Gouvernement a ainsi été conduit à brimer ses concurrents et à les écraser d'impôts. Il fixa, en particulier, les cotisations en faveur de l'assistance sociale pour le trust des drapiers de Moscou à 32 0/0 des salaires versés, et pour le trust des imprimeurs de la même ville à 47,5 0/0.

Les communes, de leur côté, louèrent leurs locaux commerciaux à des prix exorbitants, souvent supérieurs au chiffre d’affaires de l'établissement (2).

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