‹ Le régime de la production en Russie des Soviets 1917 à 1925 ses résultats, ses conséquencesChapitre 60 sur 70 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Situation économique de la Russie de fin 1922 à janvier 1925.

Pour faire baisser le prix des produits agricoles, deux moyens ont été employés : la rentrée rigoureuse de l'impôt en nature et la vente à vil prix des céréales ainsi obtenues (1).

La nouvelle politique économique avait stimulé l’activité paysanne au cours de l’année 1922. L'agriculture s'était reconstituée. Par suite, cependant, de la famine et de l’absence d'instruments agricoles, la superficie ensemencée ne dépassait guère la moitié de celle d’avant-guerre. L'impôt en nature perçu pour 1922 s’éleva pourtant au chiffre de 420 millions de pouds de céréales sur une récolte de 2.600 millions, sans compter les taxes locales atteignant 40 0/0 environ du principal. Inférieures en chiffres absolus à celles de 1914, ces contributions étaient cependant exagérées et dépassaient notablement la capacité du contribuable du propre avis du Gouvernement car si, grâce à des conditions météorologiques

favorables, la récolte était supérieure de 500 millions de pouds

(1) E. J., 14 mai 1922.

environ à celle de 1921, elle n’en était pas moins insuffisante pour nourrir la population (1).

Dans le Gouvernement de Tambov, en particulier, des 30 pouds de céréales par habitant formant la récolte de 1922

les paysans durent en distraire 10 pour payer le prodnalog et

7 pour les autres impositions directes. Il ne leur en restait

ainsi que 13 pour subvenir à leur alimentation et à leur entretien; ce chiffre était notoirement insuffisant pour leur permettre d'acheter les articles de première nécessité (2).

Afin de diminuer les salaires, le Gouvernement chercha également à peser sur le prix de vente des produits agricoles. Par une émission grandissante de papier monnaie, par la remise aux organisations chargées de l'achat des céréales (le Khleboprodoukt, le Zentrosogour) des impôts payés en espèces par les paysans, il posséda, au mois d'octobre 1922, les fonds nécessaires pour compléter son approvisionnement en céréales. Ses représentants (Commission du Commerce intérieur) profitèrent même du besoin des paysans de réaliser en automne leurs récoltes pour fixer à des prix extrêmement faibles le taux des transactions au compte de l’État.

Le prix des céréales baissa rapidement. De 1 rouble-or 3 copecks en septembre, le poud de froment tomba à 41 copecks en décembre. La capacité d’achat de la farine diminua de 230 à 300 0/0 par rapport à celle de 1913 dans les régions les

(1) Les représentants du syndicat textile se plaignaient en octobre 1922 de ne pouvoir fixer eux-mêmes le prix de vente de leurs marchandises. Obligés d'attendre l'approbation du Komvnoutorg, ils avaient ainsi laissé échapper

une occasion favorable.

(2) E. J., 21 avril 1923.

plus favorables à l’agriculture (Moscou) pour atteindre 1.000 à 1.200 0/0 dans les autres contrées de la Russie des Soviets. |

« En présence de ces prix, il était désavantageux pour les paysans, même dans le Midi, centre principal de la culture des céréales, de produire au delà de leurs besoins immédiats, car les dépenses étaient sensiblement supérieures aux prix de vente. Les prix des machines agricoles ayant triplés, il ne fallait pas songer pouvoir rétablir la situation économique du pays, tant que le blé ne vaudrait que

25 copecks-or » (1).

Prix moyen de 19138 et situation au 1° janvier 1923.

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