RE TER
Malheureusement, cette évolution n’est pas la règle dans les cas d’inanition rapide et trop intense. Quand le nourrisson malade est un débile vrai, quand le prématuré souffre de troubles digestifs graves ou que son infection se manifeste par un syndrome toxique, l'évolution se fait plutôt vers l’athrepsie aiguë. L’athrepsie apparaît lorsqu'est dépassé le taux critique d’amaigrissement de 36 à 38 % ; l’effondrement subit du métabolisme basal traduit alors la déchéance des tissus. Aucune alimentation n’est plus tolérée, les sérums injectés sous la peau ne sont pas résorbés et la mort survient très rapidement. La ration calorique était tombée en général à des taux très bas, 30 à 5o calories par kg.
La nécessité d’une ration hautement calorique étant bien établie, une question se pose : comment faire absorber à des enfants dont les viscères sont d'un volume inférieur à ceux du nouveau-né nornial des rations supérieures à celles que celui-ci reçoit ? Le volume total du repas ne pourra pas dépasser un chiffre maximum sans intolérance. Il est vrai que les nourrissons absorbent, proportionnellement à léur poids, beaucoup plus d’eau que les adultes. Pour Hess (10), le besoin d’eau d’un adulte est de 4o cc par kg., tandis que celui d’un nourrisson
est de 125 à 200 cc. par kilogramme. Le volume to-
tal de la ration est donc élevé proportionnellement.
Les débiles sont plus avides d’eau que le nourrisson normal. On leur fournit, en moyenne, 200 cc. d’eau par kg. Non seulement cette quantité est facilement absorbée, mais, si on la diminue, il survient une hyperthermie qui disparaît dès qu'on redonne la quantité d’eau nécessaire. D'ailleurs, c’est un fait reconnu par tous qu'il importe de faire ab-