‹ Le Régime des Nourrissons DébilesChapitre 17 sur 41 · DATÉE · texte numérisé non relu

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dispensables, les substances minérales telles que le sodium et le potassium peuvent se remplacer l’une l’autre. Il suffit pour que la croissance se fasse normalement qu’un certain équilibre existe entre les proportion des substances telles que Na, K, Mg, Mn. (Osborne et Mendel. Elles influencent, même présentes en très petite quantité, lé métabolisme car elles jouent envers les diastases tissulaires le rôle de catalyseurs. C'est ainsi que pour Alquier, le potassium emble exciter l’organisme à retenir Île phosphore (22).

Le lait de vache est par sa teneur en sels (0,75 %)

supérieur au {lait de femme (0,20 %). Il contient surtout davantage de chaux et de magnésium tandis que le potassium et le sodium sont en plus grande quantité dans le lait de femme (Hess). C'est là une des raisons qui justifient, dans le régime des prématurés, la présence d’un lait de vache modifié mais non privé de ses sels.

La quantité de graisses qu'on peut donner aux débiles et aux prématurés est diversement appréciée. Pour Finkelstein, les graisses sont les premières ennemies de ces nourrissons, et l’aliment à l'égard duquel se manifeste le plus tôt leur intolérance.

Ils ont cependant un besoin de graisses certain : Le débile né maigre, se défend mal contre la déperdition calorique, importante en raison de sa large surface corporelle et de son faible poids. Il est donc obligé de fixer des graisses pour augmenter l'épaisseur de son pannicule adipeux. Les graisses peuvent évidemment être produites à partir des hydrates de

(22) JT. Alquier cité in : Pédiatrje du Traité de Pathologie médicale. Sergent, Babonnaix, Ribgdeau-Dumes.

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Carbone et même des protéines, mais cette transformation augmente le travail de digestion et d’assimilation. Par ailleurs, une suppression complète des graisses amène à la longue des troubles nutritifs — un régime doit toujours être équilibré, c’est-à-dire n'être privé d'aucun de ses éléments de base (protéines, sels, hydrates de carbone et graisses). Seule la proportion de ces éléments peut varier.

L'emploi des graisses permet de diminuer le volume et la quantité des prises alimentaires : Sous un volume deux fois plus réduit, elles fournissent, en raison de leur valeur calorique élevée, la même énergie qu’une quantité donnée d’hydrates de carbone. — Enfin, pour sa circulation dans l’organisme, la graisse n’exigeant pas, comme les hydrates de carbone, de grandes quantités d’eau, permet l'usage de régimes concentrés.

On ne peut, en général pas chez les débiles vrais» et pas toujours chez les prématurés simples, profiter complètement des avantages que présenterait l’introduction des graisses dans leur ration. Ils ont en effet un faible pouvoir de digestion des graisses Les troubles digestifs sont de règle chez les prématurés sevrés précocement au lait concentré ; même dans un allaitement mixte,la substitution de lait concentré à une partie du babeurre est assez souvent accompagnée d’apaprition de graisses dans Îles fécès. Les troubles digestifs disparaissent facilement si on remplace le lait concentré par un lait maigre ou demi-écrémé sucré. Les graisses du lait de femme, cependant mieux assimilées par le nourrisson que les graisses du lait de vache ne sont pas toujours tolérées, même par les prématurés simples : les dyspepsies du lait de femme, compliqués d’érythrodermies s’observent et guérissent facilement par l’écrémage du lait de

femme et la prescription d'un allaitement mixte où le complément est un lait sec demi-écrémé. Une fois cette alimentation mixte hyperprotéinée instituée, on peut d’ailleurs rapidement redonner le lait de femme complet sans intolérance. |

Ribadeau-Dumas et André, devant cette tolérance limitée des graisses animales, ont essayé l’emploi de graisses végétales. — Le résultat fut plus médiocre qu'avec les graisses du lait.

il faudra donc introduire avec prudence dans lo régime du prématuré, et surtout du débile les oraisses autres que [les graisses du lait de femme. es rations hyperprotéiques permettent d’ailleurs d’abaisser impunément ce taux des graisses — mais celles-ci seront donnés, dès que possible, quand le poids avoisine 3.000 grammes en raison de leurs nombreux avantages, sous forme de compléments au régime. — L'addition d’une ou deux cuillérées à café de lait concentré, de 5 ou 10 cc. de « babeurre gras » à chaque biberon a souvent eu pour conséquence une immédiate et sensible amélioration de la croissance.

Le babeurre dit « babeurre gras », dont nous donnerons plus loin la composition, a un deuxième avantage : il améliore la digestion des albumines et see farines : des selles srumreleuses ou glaireuses de-

viennent, après introduction du babeurre gras dans 1e régime, d'aspect très satisfaisant,

L'impossibilité de donner aux prématurés et auxdébiles une grande quantité de graisses, conduit à demander aux hydrates de carbone l'énergie et la chaleur nécessaires à la vie et à l’activité de l’organisme. — D'autre part, les bons résultats fournis par un régime équilibré, s'opposent à la suppression des hydrates de carbone dont le rôle PRIPSRTG ES

est important : leur présence influence heureusement le métabolisme des graisses et des protéines. — La transformation des hydrates de carbone et leur utilisation nécessitent un moindre travail digestif que pour les graisses et les protéines. [ls constituent à l'égard du métabolisme un aliment d'épargne.

Enfin, leur emploi comme producteurs d'énergie permet d'orienter au maximum les protéines vers leur fonction plastique.

Le choix des hydrates de carbone à donner aux débiles et aux prématurés est facile. — Personne ne songerait à employer pour eux les hydrates de carbone riches en cellulose tels que les légumes. — Mais, les farines elles-mêmes ne sont pas bien digérées par eux et leur nuisent, provoquant nausées, vomissements et surtout diarrhée liquide accompagnée d'une importante chute de poids. Les farines maltées sont plus mal tolérées encore : le maltosan, dans tous les cas où il a été donné, a immédiatement irrité l'intestin qui a réagi par une diarrhée glaireuse souvent grave avec pour conséquence une forte déperdition pondérale. Le nutromalt (mélange de dextrine et maltose) a un effet nauséeux et laxatif constant. Les farines les mieux acceptées sont la farine lactée Nestlé et la farine de riz tournesolée souvent utilisées au moment du sevrage des débiles, associées au babeurre ou au lait sec demi-écrémé. Dans la composition de ces deux farines entrent des matières azotées :

La farine lactée contient du lait sec, du sucre et une farine de froment torréfié avant sa pulvérisation. — La torréfaction l’a rendue plus digestible et appétissante.

Willemin, Clog a étudié dans sa thèse l’aleurone de tournesol, farine azotée qu'on donne en

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bouillies dans la proportion de 4 % avec ro % de crème de riz. Le bon effet de ces bouillies sur la digestion et la croissance a été constaté, au moment du sevrage chez les prématurés simples et surtout chez certains débiles ou athrepsiques.

S’il est fâcheux d'introduire trop vite dans Île régime des prématurés une forte proportion de farines, leur emploi en petite quantité, sous forme d'eau farineuse ou même de bouillon de légumes (qui serviront par exemple à diluer le lait sec) ou sous forme de complément d’'r à 3 grammes de farine par biberon est à conseiller. Heubner a le premier étudié la bonne influence des hydrates de carbone sur la digestion. Après lui, Combe (23), de Lausanne, a remarqué l’heureux effet de l'addition au lait d’une petite quantité d’hydrates de carbone L’absorption du lactose du lait étant très rapide, la caséine restée seule constitue un excellent milieu de culture pour les microbes de la putréfaction. — Les farines ont une digestion plus longue qui s'achève dans le colon par une fermentation acide dont les agents sont antagonistes des anaérobies de la putréfaction de par leur acidification du milieu intestinal.

Les sucres sont, pour les prématurés et les débiles, le combustible de choix. Leur molécule est beaucoup plus petite que celle des farines. Elle est plus facilement attaquée et dissociée.

Le lait de vache apporte 4,9 % de lactose et le

lait de femme 6,10 % (Alquier). Cette proportion de sucre fournie aux débiles par l'alimentation

(23) Heubner et Combe cités par Péhu : L'alimentation des enfants malades. Paris 1908.

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