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consommés sur place; et au dehors les relations commerciales de la Régence avec les puissances étrangères étaient très restreintes : l'exportation était entravée par les droits considérables qui frappaient la plupart des produits à leur sortie du pays ; quant aux importations, elles étaient également très faibles, malgré le tarif avantageux de 8 p. 100 auquel elles étaient soumises, car la mauvaise foi dans les marchés et la difficulté de se faire rendre justice décourageaient les commerçants étrangers.
L'établissement du protectorat français développa considérablement l’activité commerciale de la Tunisie. Dès son arrivée en effet, la France se mit à construire des routes, des ports, des chemins de fer; puis elle réorganisa l’administration et la justice. Ces réformes donnèrent un véritable « coup de fouet » au commerce tunisien. Voici d’ailleurs une statistique (1). (Voir tableau page suivante.)
Sans doute cet accroissement du commerce était dû en partie à la présence du corps d'occupation ; mais ce n'était pas la seule cause, comme le croyait la Chambre de commerce française de Tunis (2); la preuve, c'est que, malgré les réductions successives de l'effectif militaire (de 30.000 homme en 1881, il était tombé à 12.000 hommes en 1889), le commerce ne cessa jamais de se développer; d’ailleurs si
(4) Bull. de stat., septembre 1899, p. 304.— Écon. fr., 28 oct. 1899, p. 620 et 621.
(2) P. »'OrGEvaL : Le régime douanier de la Tunisie, Annales de l'École libre des sciences politiques, 1889, p. 613.
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l’armée pouvait faire augmenter les importations, elle n'avait certainement aucune influence sur les exportations.
La véritable cause de l'essor du commerce était dans les progrès mêmes du pays: on s'était enthousiasmé pour cette colonie voisine de la France; sa fertilité légendaire avait attiré de nombreux colons et surtout beaucoup de capitaux; cette poussée colonisatrice, permettant la mise en valeur de vastes exploitations agricoles, était la cause principale de l'enrichissement et de la prospérité commerciale de la Régence. |
Cependant les colons ne cessaient de se plaindre de l’appauvrissement de la Tunisie. Si l’on consulte la statistique, on voit en effet qu'avant 1881, les exportations dépassaient généralement les importations, tandis que depuis l'établissement du protectorat, c'était l'inverse. Aussi le premier soin de la Chambre de commerce française de Tunis fut-il de faire entendre des doléances : dès 1885, année de sa. création, elle rédigea une brochure intitulée : Exposé de la situation économique de la Régence de Tunis, avec ce sous-titre: Vécessité de l'assimilation des produits tunisiens aux produits algériens à leur entrée en France. Voici l'appréciation qu’elle y donnait des chiffres de la statistique: « Ces chiffres n'ont rien de satisfaisant, car il en résulte que la Tunisie a beaucoup plus à payer qu'à recevoir; si l'accroissement considérable des importations ne venait pas d’un fait particulier, l'entretien d'un corps d'occupation important, la Tunisie ne pourrait se maintenir