‹ Le Régime Doumanier et le Commerce Extérieur de l'AlgérieChapitre 54 sur 67 · PATES · texte numérisé non relu

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d’indépendance économique au regard de l’étranget, les liens commerciaux des deux provinces françaises. Elle amènera la suppression d’une frontière dont la garde occupe de nombreux et coûteux effectifs, et mettra fin à des formalités dont le commerce et les voyageurs étrangers se plaignent depuis longtemps.

L’Administration algérienne et les groupements commerciaux de la Colonie sont éminemment favorables à l’Union projetée, qui a toutefois rencontré quelques solides résistances au sein des Délégations Financières Algériennes. Du côté tunisien, l’opposition lui fut longtemps très vive. Elle est aujourd’hui réduite à quelques voix isolées, et le Gouvernement du Protectorat est complètement acquis à la formule de l’assimilation.

Un projet de loi a été élaboré qui tend à réaliser l’Union Douanière de la Tunisie avec la Métropole, tout en réservant celle de la Tunisie avec l’Algérie. Ce projet a été soumis à l’examen des Chambres de Commerce de la Métropole, qui presque toutes, lui ont donné leur adhésion. Mais il a rencontré l’hostilité des groupements viticoles métropolitains qui redoutent les importations de vins tunisiens et l’avilissement consécutif des prix qui en l’état actuel des choses sont, disentils, à peine rémunérateurs.

L'Union douanière entre la’France et le Protectorat, une fois réalisée, la disparition de la barrière algérotunisienne s’ensuivra rapidement. Mais il ne faut pas oublier que cette mesure est subordonnée à l’unification des régimes fiscaux intérieurs. Cette unification soulève le problème de la parité des taxes intérieures à réaliser et celui, beaucoup plus délicat, de la suppression des monopoles qui procurent au budget de la Régence, des ressources importantes.

Le vœu de l’opinion publique algérienne appelle une vaste union douanière englobant la Tunisie, l’Algérie ct aussi le Maroc. Si la première étape paraît devoir

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être facilement franchie, il n’en est pas de même de l’Union douanière de l’Algérie et du Maroc. Ce dernier est en effet, en vertu de l’Acte d’Algésiras, qui est comme une hypothèque prise sur son essor économique par les puissances européennes, assujetti au régime de «la porte ouverte». Il est donc accessible, jusqu’à nouvel ordre, au commerce international de la manière la plus complète.

Souhaitons qu’un avenir prochain, en libérant le Maroc de ses entraves, nous apporte la possibilité d’unifier nos trois possessions dans une charte douanière commune.

$ 3. — Les colonies françaises. — Les relations directes de l’Algérie avec les colonies et pays de protectorat autres que la Tunisie et le Maroc, sont en fonction étroite du tonnage mis à la disposition du commerce ; elles sont habituellement assurées, à part égale, par des navires français, et par des navires étrangérs, notamment par ces «tramps» britanniques et scandinaves qui vagabondent sur les mers sans itinéraires fixes, au hasard des contrats d’affrètement. Avec l’ensemble de ces contrées lointaines, l’Algérie faisait en 1900, un commerce de 6 millions de franes environ, qui n'avait progressé que d’un million à peine à la veille de la guerre, en 1918. En 1924, la hausse générale des prix l’a porté au chiffre de 52 millions dont 10 millions à l’importation et 42 millions à l'exportation, avec d’ailleurs un accroissement parallèle de tonnage très sensible. Nos ventes aux colonies sont supérieures aux achats que nous y effectuons. C’est l’Indo-Chine qui occupe, de loin, dans ce trafic, la première position ; elle a expédié en 1924 pour 8 millions (soit 89 % des importations coloniales) de riz, de poivre, de maïs, de bois fins, de soïes grèges, d'ouvrages en bois, de colis postaux,

Les exportations en Indo-Chine (28 millions, soit 66 %) consistant presque uniquement en tabacs fabriqués, cigarettes notamment. L’Indo-Chine, et dans une moindre proportion, les autres colonies constituent un débouché important pour nos tabacs fabriqués qui y sont admis en franchise. Aussi s’explique-t-on aisément l’émotion légitime qui s’est emparée des industriels intéressés lorsque fut présentée à l’examen des services du Ministre des Finances, une requête du Département des Colonies tendant à frapper de droits de douane les tabacs algériens à leur entrée en Indo- Chine et à modifier à cet effet la loi du 11 janvier 1892 qui régit les relations de la France et de l’Algérie avec les colonies. Cette proposition devant la vive hostilité qu’elle rencontra, fut heureusement abandonnée.

Les tabacs fabriqués forment aussi l’essentiel de nos exportations à destination des autres colonies, notamment de l’Afrique Occidentale Française qui vient au deuxième rang, de Madagascar, de la Martmique, de la Guadeloupe, de la Guyane Française et de la Réunion.

Nous pouvons et nous devons développer nos échanges directs avec les Colonies, notamment y augmenter nos achats, en leur demandant quelques uns des produits que nous faisons venir actuellement de l’étranger. L'Algérie comme la Métropole a, dans les circonstances présentes, un intérêt cardinal à s’affranchir du lourd tribut qu’elle paie à l’extérieur pour son ravitaillement, et à nouer avec les Colonies des relations plus suivies. I ne pourra être créé de lignes directes et régulières avec les Colonies lointaines, que par le concours des exportateurs et des organismes commerciaux qui, en groupant leurs envois, leur assureront un aliment suffisant. k

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