CHAPITRE IL — LA PÉRIODE ROMAINE
$ 1. — La colonisation romaine. — Alors que les Carthaginois, soucieux seulement de suprématie commerciale, n’avaient occupé, en nombre infime, que quelques ports de la côte algérienne sans aucune pensée politique, les Romains étendirent promptement leur conquête, après la troisième guerre punique. Dès l’an 50, après les heureuses campagnes de César contre les Pompéiens, la domination de Rome s’étendait sur toute l’Afrique du Nord dans laquelle on distinguait, de l’Est à l’Ouest, l’Afrique propre ou proconsulaire, la Numidie, la Mauritanie césarienne et la Mauritanie tingitane. Cette division territoriale en quatre compartiments, correspond, dans le temps, aux progrès de la pénétration romaine et indique les étapes successives de la colonisation-et du peuplement dans le nord de l’Afrique.
On sait quels admirables artisans de prospérité furent les colons romains dont tant de vestiges épars sur la terre africaine attestent l’immense et fécond labeur. Le blé, l’orge, l’avoine poussaient en abondance, dans cette Afrique qui était connue sous la désignation
symbolique de Grenier de Rome. La culture du blé
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était intensivement pratiquée dans la région de Sousse, la vallée de la Medjerda, la Mauritanie Sitifienne, la région de Thagaste (Souk-Ahras). Il étsit exporté annuellement en Italie près de 2 millions d’hectolitres de cette céréale, par les ports de la Proconsulaire : Carthage, Utique (Bou-Chafeur), Hippo-Zaritus (Bizerte) et ceux de la Numidie : Rusidade (Philippeville) et Chullo (Collo). Les forêts d’oliviers couvraient de vastes domsines. Après les campagnes de César, la province d’Afrique dût payer à Rome un tribut annuel d’environ un million de litres d’huile, chiffre qui révèle l’importance de la production locale. La vignetapissait de grandes étendues en Mauritanie et en Numidie. Des arbres fruitiers de toutes sortes y poussaient aussi, en grande abondance, ainsi que par toute l’Afrique septentrionale. C’est dans la Libye, on le sait, que les anciens plaçaient le Jardin des Hespérides.
Si le sol était couvert de végétations florissantes, d’autres richesses se cachaient au sein de la terre féconde : mines de fer de la plaine d’Hippo-Régius et des environs de Rusicade, mines de cuivre de Sigers, quelques mines d’or, marbres colorés de Rusicade renommés pour leur beauté. \
La mer livrait sur les côtes orientales de Numidie, le précieux corail, l’éponge, le murex. Enfin le règne animal donnaït à Rome, non seulement des fauves pour les cruels jeux du cirque, mais encore des moutons ou autres bestiaux et des bêtes de somme, notamment des mulets, particulièrement recherchés.
$ 2. — Le Commerce et la Douane. — De tels éléments de prospérité devaient forcément donner un essor considérable au commerce maritime
Les échanges furent très actifs entre, d’une part, les ports d’Utique, d’Hippo-Zaritus, de Rusicade, de Salda (Bougie), Julia Cœsarea (Cherchell), Ciga (à l’em-