CHAPITRE III. — LA PÉRIODE ARABE
$ 1. — Les Arabes dans l’Afrique du Nord. — Nous n’entreprendrons pas de relater les causes qui ont amené au VIT siècle, l’invasion des Arabes, poussés dans l’Afrique du Nord par leur insatiable soif de conquête et de pillage, ainsi que par le désir de propager l’islamisme et de faire, par là, œuvre pie. L’attitude des musulmans vis-à-vis des populations autochtones fut d’ailleurs empreinte de tolérance et d'équité. Aussi bien l’Islamisme dût-il plus encore ses rapides progrès à l’ardeur de son prosélytisme qu’à des mesures de contrainte ou d’intimidation. Les Arabes s’efforcèrent de rechercher et d’entretenir soigneusement des relations pacifiques avec les peuples de l’Italie, de la Gaule et de l’Espagne.
Les premiers chrétiens que le goût de l’aventure et l’appât du gain amenèrent sur les côtes du Moghreb musulman furent sans doute les hardis marins de Gaëte et d’Amalfi, déjà connus en Berbérie au VIITe et au 1X° siècle, à l’époque où la puissance arabe atteignit son apogée maritime. Toutefois ce n’est qu’à partir du X°® siècle que s’établissent entre les musulmans de l’Afrique du. Nord et les nations chrétiennes des relations commerciales régulières. Marchands de Sicile, de Naples, de
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Palerme viennent alors trafiquer avec les Arabes et ob-. tiennent de leurs princes des traités et des trèves. Marseillais, Pisans, Vénitiens les suivent à l’envi.
Au XIe siècle, l’Afrique du Nord entre à nouveau, après une assez longue éclipse, dans une ère de prospérité relative qui devait tenter les entreprises du commerce européen. Celui-ci s’installe dans les ports, y fonde des établissements, entretient des consuls.
Bougie, sur l’emplacement de l’ancienne Salda, au seuil d’une opulente région, est fondée en 1068.Ses richesses, son activité font au Moyen-Age l’étonnement des voyageurs. Les Normands de Sicile viennent pêcher le corail à la Calle et à Bône, fière de ses mines de fer et
-de ses récoltes de lin. A Stora les navires italiens s’emplissent de céréales et de cuirs. Oran est visitée par les voiliers d’Andalousie et de Valence.
Quatre siècles durant, le commerce de l’Algérie comme celui de la Tunisie, ne cessa de s’exercer activement et d’entretenir dans les ports une population industrieuse et riche.
Ces relations. furent marquées par des vicissitudes nombreuses et imprévues, par les excès et les sévices de la Course à laquelle les chrétiens, il faut bien le dire, se livraient autant que les Barbaresques. Mais les rapports entre les marchands des pays méditerranéens et les musulmans d’Afrique, encore que gravement altérés en maintes conjonctures, ne furent jamais complètement rompus. Les chrétiens, en dépit des mesures de rigueur auxquelles ils furent souvent exposés, y trouvaient de trop grands profits.
$ 2. — Les courants commerciaux. — Quels furent, en dehors de l’Orient et de l’Egypte, les princi- . paux clients des Arabes ?
L'activité déployée par les républiques italiennes, leur amour du lucre, le développement de leur marine