Arrêté du gouverneur général du 19 août
LE BUDGET ACTUEL CIVIL. 49 ministères figurent au budget de l'Algérie, partie au compte du ministère de l’intérieur, partie à leur propre compte, peuvent résulter des antinomies et des bizarreries. “I
On a bien proposé de faire du gouverneur général un commissaire permanent du Gouvernement responsable devant les Chambres; mais ce serait en faire un nouveau ministre, avec tous les inconvénients de l'instabilité ministérielle, et l'Algérie a déjà trop souffert des changements de politique.
Ï serait plus logique de constituer un contrôle unique, portant sur tous les services indistinctement; mais cette réforme sera bien difficile à réaliser, tant qu'il existera encore des rattachements, tant que le gouverneur général n'aura pas réuni sous son autorité directe la totalité des services algériens. Mais, à quel ministère confier la charge de ce contrôle unique ? Le laisser au ministère de l’intérieur, c’est le conserver inefficace, car ce ministère-n’est nullement organisé pour faire, avec esprit de suite, de la” politique coloniale. Le transfert de tous les services algériens au ministère des colonies se justificrait davantage, car il témoignerait du désir de considérer désormais lAIgérie comme une colonie, ef le ministre pourrait apporter une attention soutenue à l’étude de la question indigène et de toutes les questions algériennes qui se rattachent si étroitement à la politique coloniale suivie par la France en Afrique.
Mais la question de contrôle, telle qu’elle se présente aujourd’hui, aura perdu de son intérêt le jour où la constitution d’un budget spécial sera enfin réalisée; c’est là que résidera, en effet, la plus efficace garantie de la gestion du gouverneur général. Puisque, en réalité, il n’existe
pas aujourd’hui de budget de l'Algérie, les Algériens n’ont aucun intérêt à voir s’accroitre leurs ressources budgétaires ; ils n’ont aucune raison non plus de chercher à modérer leurs dépenses, puisque les économies réalisées de ce fait ne leur profiteraient pas. Il n’en sera plus ainsi le jour où lAlgérie sera intéressée à ses propres affaires, et il est permis d’entrevoir pour cette date la constitution, au sein des délégations financières, d’une commission de contrôle remplissant, auprès du qouverneur général, le rôle qui incombe, dans chaque département, vis-à-vis du préfet, à la commission départementale. Les décisions prises par cette commission, les blâmes qu’elle pourrait émettre seraient un quide précieux pour le Parlement, à qui appartiendrait toujours la sanction suprême.