‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 110 sur 579 · Ï)EUX CÉRÉMONIES · texte numérisé non relu

Ï)EUX CÉRÉMONIES

le 14 au soir, il écrit au général Gervoni qu' « il s'attend à une nouvelle perfidie du gouvernement papal'»; en conséquence, il consigne les troupes dans leurs quartiers pour ce jour et la journée de demain; des patrouilles françaises circuleront dans les rues; au moindre mouvement, Gervoni arrêtera le cardinal Doria et mettra ses papiers sous scellés ; il arrêtera de même le prince Rezzonico, sénateur de Rome, commandant de la garde civique, ainsi que tous les agents de la police romaine; il protégera les patriotes, les personnes et les propriétés, les monts-de-piété, les caisses publiques, les ambassades.

Le lendemain matin jeudi, 15 février, revient l'anniversaire de l'exaltation de Pie VI. C'est pour la fêter, sans doute, qu'au milieu de la façade du palais de l'Académie de France on arbore un tableau immense, entouré d'un beau cadre doré, représentant la République française sous la figure d'une femme vêtue en guerrière, coiffée du bonnet rouge, appuyée sur les faisceaux, le sein nu-. Et, selon l'antique usage, les cardinaux se réunissent au palais du Vatican pour présenter au Saint-Père leurs hommages et leurs souhaits : leur petit nombre^, — ils ne sont que six, sans compter celui qui célèbre la messe, — les tristes circonstances où ils se trouvent, la santé chancelante de Pie VI, les difficultés prévues d'un conclave, tout concourt à jeter sur la cérémonie comme un voile de tristesse funèbre. A peine a-t-elle pris fin que le cardinal secrétaire prie Leurs Eminences de se rendre chez lui... Mais un officier français survient qui leur annonce qu'elles sont prisonnières : le peuple romain rentre dans ses droits et reconquiert sa liberté !

A l'autre bout de Rome, en effet, au moment même où la petite troupe des « porporati » chante lente-

i. Gros Bois, 1798, B. 39.

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