Sala
3. Il V avait pourtant alors dix-huit cardinaux à Rome [Monitore di Roma, 18 febbrajo 1798). Cité par Baldassari, 167-168.
15 FÉVRIER 1798 lOo
ment le Te Detim, quelques centaines de patriotes se réunissent au Campo-Vaccino : c'est le Forum antique, avec ses gloires encore ensevelies dans les décombres, champ de foire pour les bœufs, digne théâtre des pitreries jacobines. Quatre ou cinq cents personnes s'y rassemblent et plantent en grande cérémonie un arbre de la liberté^; Nicolas Gorona leur apprend que c'est la plus belle époque de leur histoire : a Le despotisme « féroce qui (nous a) avilis jusqu'à nous faire perdre « le grand nom romain tombe abattu et ruiné à l'érec- « tion de cet arbre, qui se dresse soutenu par vos libres « volontés, orné des emblèmes de la justice et de l'éga- « lité et planté sur les bases sacrées et solides des « droits humains... Les fameuses journées de Pharsale, « de Philippe, d'Actium, sont en ce moment éclipsées... ; « triomphez donc, ô Romains, de la ruine de votre u esclavage et applaudissez à cet arbre embléma- « tique et à ces étendards de la liberté, qui feront « votre gloire et le bonheur de vos petits-enfants-!» Et les patriotes applaudissent; les cris de « Vive la « liberté ! » éclatent de toutes parts, réveillant les échos endormis du Palatin et du Gapitole. Aussitôt s'avancent quatre notaires-^ qui rédigent dans les formes solennelles VActe du Peuple souverain. « Le peuple romain « déclare détester le meurtre de Dupliot ; il déclare en « outre qu'il se constitue en souverain libre et indé- « pendant, rappelant à lui. tout pouvoir législatif et « exécutif qu'il exercera par le moyen de ses représen- « tants légitimes selon les droits imprescriptibles « de l'homme et les principes les mieux fondés de « vérité, de justice, de liberté et d'égalité; il déclare, « en troisième lieu, qu'il veut que la religion soit sauve « et que la dignité et l'autorité spirituelles du Pape « subsistent intactes : il se réserve de pourvoir conve-
\. Sala, I, 29.