HALLER
des églises. Son assurance audacieuse au milieu d difficultés inouïes qui entravent ses efforts, son iné- f puisable habileté, son esprit fécond en expédients imprévus, tout lui donne une force redoutable. Et voici qu'il vient de l'accroitre encore, à Rome même en contractant alliance avec le plus riche banquier romain, Torlonia^: il est venu résider chez lui-.
En arrivant à Rome, il apportait un plan très nettement arrêté qu'il soumit au général en chef'\ Il avait à remplir la caisse de l'armée, qui était vide ; à subvenir aux dépenses de toute sorte, qui étaient énormes ; à aligner la solde, qui était en retard de 6 millions : aussi pensait-il s'adresser aux « gouvernants », à « l'Etat romain » et au clergé. Les « gouvernants » avaient gagné des sommes fabuleuses lors de la dernière contribution exigée par la France : ils avaient vendu leur argenterie très cher et acheté les terres très bas ; on pouvait donc en tirer 3 millions de piastres : la somme ne représentait pas un impôt de 10 0/0 sur le capital; et puis le peuple devait bénir les Français, qui faisaient ainsi rendre gorge aux riches. — « L'Etat romain » pouvait aisément fournir 3 autres millions de piastres : cependant, afin de donner une preuve de modération, on se contenterait de 1.600.000 piastres, dont 1.200.000 en terres. — Quant aux biens du clergé, c'était une ressource énorme : ils permettraient de retirer les cédules et la monnaie mauvaise et, l'opération une fois faite, resteraient encore 20 millions de bénéfice.
Tel était le programme officiel : programme chimérique peut-être, mais qui n'avait rien, toutefois, d'inattendu ni d'exorbitant. Il est probable qu'il était accompagné d' « articles secrets », comme parlent les
1. Ils étaient en relations d'affaires au moins depuis Tolentino (sur les diamants du Pape, cf. Beileville, II, 15, 24. Faypoult à Berthier, 3 ventôse. Dép"^'. 21 février 1798).