‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 140 sur 579 · Sala. I · texte numérisé non relu

Sala. I

4. Alla sciamanna est une locution italienne encore usitée signifiant mal Mccoutré.

h. Masséna aux consuls, 6 ventôse (24 février) : « Je suis étrangement surpris, citovens, d'apprendre en ce moment que l'on enferme encore les juifs

■ pendant fa nuit; cette nation est libre comme toutes les autres: la République française, en donnant la liberté aux Romains, n'a fait exception de personne. Les juifs doivent donc jouir de tous les avantages dont jouissent les autres

■ citoyens sans distinction : j'espère que vous ferez cesser sur-le-champ cette •> injustice » {Archivio, 40). Il est très possible que cette nouvelle divulguée ait I)récipité la crise.

l32 RÉVOLTE DU TRASTEVERE

le peuple^; il commande à tout hasard deux piquets d'infanterie qui se réunissent, place Colonna, vers 8 heures du soir, fait fermer les portes du château Saint-Ange et envoie deux détachements de cavalerie camper sur la place Saint-Pierre ~.

Et voici qu'en effet, à la nuit tombante, on voit des prêtres parcourir les rues à cheval, un crucifix à la main : les curés de Santa-Maria et de Saint-Chrysogone exhortent le peuple à se lever ; la Madone n'at-elle pas exaucé ses prières ; ne livre-t-elle pas à sa vengeance les Français impies? En même temps, le P. Spinelli^, qui jouit à Gapo le Case d'une réputation de sainteté, travaille ce quartier toujours remuant, tandis que l'abbé Marchetti, président du Gesù, s'efforce de ranimer les courages de ce côté de la ville. Une vingtaine de soldats qu'on recontre au Trastevere sont tous massacrés, ainsi qu'un patriote, Cerusio Giusti : on dit qu'ils insultent les femmes, qu'ils blasphèment contre la Madone et qu'ils arrachent les petites croix dont les Romains purifient leurs cocardes^. De ce moment, la révolte se répand partout : les Trasteverins passent les ponts, s'emparent des armes de la garde civique et envahissent la ville aux cris de Viva il Papa et de Evviva Maria e qucllo che la creô ; ils se dirigent, en deux colonnes, sur le Capitole et sur Monte Cilorio et cherchent à donner la main aux insurgés des Monti, de la Regola et de Capo le Case. En un instant la ville est en révolte; les passants sont contraints de jeter à terre la cocarde française^; les piquets dispersés rejoignent leurs quartiers ; l'assemblée des officiers se déclare en permanence et invite la municipalité patriote à suivre son exemple.

Devant le danger, on songe à s'unir. Deux officiers

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