Sala, I
du 19' chasseurs et du 24-* dragons sont dépêchés à Ponte Molle : ils portent deux circulaires, l'une à Berthier, l'autre à Masséna. Le premier est prié, et, en tant que besoin requis, de reprendre le commandement de l'armée sur-le-champ ; le second est avisé que l'armée, profondément indignée de sa conduite, ne veut de lui sous aucun rapport et qu'elle ne reconnaît plus pour général en chef que le citoyen Alexandre Berthier. Masséna, furieux, part à Ancône, déléguant le commandement à Dallemagne^ mais c'est Berlhier qui l'exerce, après avoir obtenu des officiers la promesse qu'ils se sépareront. Et du Quirinal où il est revenu, il dirige le mouvement des colonnes : près de Saint-Eustache, il repousse les insurgés qui menacent Monte- Gitorio; il dirige sur les quartiers paisibles de nombreuses patrouilles de dragons ; il concentre tous ses eflorls sur le Ghetto, où s'acharnent les Begolani de Mazzocchietto- et sur le Ponte Sisto, l'unique voie de retraite des Borgbigiani et des Trasteverins. Les habitants réveillés écoutent avec stupeur le murmure du combat dominé par instants par une clameur immense poussée en l'honneur de la Madone; l'obscurité de la nuit ajoute encore aux horreurs de la fusillade. Enfin, après quatre heures de lutte, la rive gauche est reconquise sur les rebelles; les Montigiani s'apaisent et les Français passent le Tibre à leur tour. L'assemblée du Gapitole, fidèle à sa promesse, se dissout alors : elle a prévenu la municipalité de Bomc, avant de se séparer, qu'elle ait à s'adresser à Berlhier, comme autrefois 3;
1. Masséna à Berthier, 7 ventôse 'Gros Bois). Peut-être Masséna était-il déjà parti avant que la révolte éclatât, ou du moins que les deux officiers fussent parvenus au l'onte Molle; je n'ai pu éclaircir ce point.