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LE PILLAGE DES ALLIÉS DE LA FRAISCE

souleva le plus vivement l'indignation de Rome des églises espagnole et impériale auquel on procédait, méthodiquement, le 23 février, tandis qu'on célébrait la cérémonie funèbre en l'honneur de Duphot. Le sac du Vatican, qui avait occupé les premier jours de Haller, avait eu, naturellement, un retentissement moindre : le Vatican était au bout de la ville; nul ne l'habitait plus que les Français; et puis c'était le Pape, ennemi de la France, que l'on dépouillait. Le 23, au contraire, c'est au cœur de Rome qu'opèrent les agents des finances; dans les églises que chacun connaît, oii chacun a coutume de prier chaque jour; et ce sont des neutres que l'on dépouille, bien plus, des alliés du Directoire. Le scandale est immense; ancun doute n'est possible : c'est le brigand de Padoue qui annonce sa venue ! Et, le lendemain même, pour couper court à de pareilles scènes, les officiers se mettent en révolte ^ ! On s'explique donc que la révolte de l'armée ait coïncidé avec l'arrivée de Masséna. On s'explique aussi aisément le dépit qu'il en éprouva et ses eflorts pour trouver une explication du fait moins fâcheuse pour sa réputation. Le pillage du 23, dont, à cause de son passé, tout l'odieux rejaillissait sur lui, Rerthier l'avait autorisé de concert avec lui, comme il avait autorisé, sans lui, le sac du Vatican. « J'ai autorisé, de concert « avec Masséna, écrivait Rerthier aux Directeurs, « le 5 ventôse', qu'on s'emparât de l'argenterie des « églises à Rome»; nous savons pourquoi; il le dit, du reste : « Je reste ici pour tâcher de rassembler « une somme de 500.000 livres que je ferai partir, « devant moi, en poste, pour Mantoue. J'ai dit au ^( général Masséna que Rome seule pourrait solder les

1. Les officiers font une allusion très explicite au pillage du 23, dans leur lettre à Masséna {Collezione, I, 51); ils demandent la restitution immédiate des effets « aux églises appartenant aux puissances étrangères, avec lesquelles nous sommes en paix ». La France est en guerre avec l'Angleterre et le Portupl, dont les églises ont été pillées le 20 (Sala, I, 47) ; mais elle est en paix avec 1 Autriche et l'Espagne, dont ce sont précisément les églises qui ont été pillées le vendredi 23, veille de la révolte.

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