Sala, I
les fêtes clubistes et dans les théâtres. Le 28 février, elle écoute les enseignements, les effusions et les méditations d'Agresti* : le 4 mars, elle plante avec enthousiasme, sur le Corso, un bel arbre de la liberté-, tandis qu'elle se réunit, le soir, à un bal organisé au théâtre Alibert^. Le plus souvent, elle se donne rendezvous à la Société patriotique des Emules de Brutus, dans une grande salle, près de Téglise de Barbieri'*; d'autant que les discours qu'elle y entend ne sont pas pour lui déplaire. Le citoyen Marsuzzi propose de supprimer les impôts, tandis que Baccini ne trouve pas d'autre cause à la cherté des vivres que l'avidité des propriétaires : idées que reprennent et développent avec éloquence, en les mêlant à de fougueuses attaques contre le christianisme, Lampredi et Gagliuffi dans le Monitore di Roma et l'abbé Michèle Mallio dans le Banditore délia verità'-'. Le 8 mars, nouvelle pompe jacobine; on plante sur la place d'Espagne un cyprès énorme avec l'inévitable parure du bonnet rouge, des rubans et des drapeaux tricolores ; c'est la fêle de la garde nationale; elle veut rompre le silence qu'elle a gardé jusque-là; par l'organe de l'adjudant général Gianelli, elle proteste de la joie qu'elle éprouve à voir Rome régénérée. Et c'est aussi comme la déclaration officielle de cette régénération tant aimée que fait Gianelli aux étrangers qui se trouvent alors dans « la ville », à tous ceux qui y ont passé, à tous ceux qui y ont vécu : n'est-elle pas alors le centre du quartier qu'ils habitent, cette place d'Espagne ^\ avec sa bordure de vieux hôtels et son solennel escalier de la Trinitédes-Monts?
Mais c'est au théâtre que les patriotes se donnent le plus volontiers rendez-vous; leur enthousiasme