‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 178 sur 579 · Gros Bois, 1798. C · texte numérisé non relu

Gros Bois, 1798. C

2. Sertori rappelait encore que le pays ne pouvait vivre que quatre mois sur ses propres ressources: la Casa Santa, avec ses revenus ordinaires, doit acheter très cher de quoi alimenter ses fours; et ses revenus se sont diminués par la confiscation des domaines qu'elle possédait àOsimo et à Ancône. 11 faut annexer au territoire de Lorette Castelfidardo, Montesanto, Montelupone, Montecassino et Porto di Recanati : lui restituer les biens d'Osimo et d' Ancône. Alors le pays sera prospère et les cédules disparaîtront. Cf. aussi Spese faite dame prior Vitâli [Archivio, 255). Note de la Centrale du Métaure au ministre des finances, 28 ventôse, VII {Archivio, 28). Adjudant gén. Aimeras : Commandantprov.de Macerata à Berthier : la municipalité de Sarono refuse de séquester les biens du Pape et des princes romains (Dépôt, 12 février). Sur la foire de Senegallia, cf. Archivio 10 et 245.

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sont trop éloignés de Rome pour subir le contre-coup des événements du 25 février; et c'est pourquoi, à Fermo comme à Ascoli, à San-Benedetto, à Monte-Prandone, à Acquaviva, la République romaine s'établit au milieu du plus grand calme. Le général Vial avait reçu de Borthier la mission de « démocratiser » ces pays^ Quel succès ses agents eurent-ils à Fermo? Nous en sommes réduits aux conjectures, ou du moins aux analogies, faute de documents. A San Benedetto, l'assemblée générale du peuple confirma dans leur charge, à titre provisoire, les résidents Giuseppe Talamonti, Matteo Guidi, Egidio Palanza', jusqu'au retour de Giuseppe Voltatorni. Le 7 mars, arrive Maggiotti, (( commissaire du pouvoir exécutif de la République « romaine », qui envoie aussitôt Teodore Ercolani et Luigi Vitali à Torre di Palma, Campofillone, Marsignano, Pedaso Marano, Saint-Andréa, Grottamare, Acquaviva : ils doivent y faire élire des municipalités provisoires et former les gardes nationales.

A Ascoli, le commissaire français Gavazzuti n'ose pas démocratiser la ville ; pris de peur, il veut s'enfuir, mais ses allures suspectes ont éveillé les soupçons : conduits par la Saveria et par un voiturier qu'on surnomme Temperino, les habitants se lancent à sa poursuite, peu après qu'il s'est mis en route, l'atteignent à l'ostérie do Campo Lungo et l'obligent à dire qui il est. Mais voici qui le confond : à peine savent-ils ses titres et qualités qu'ils le délivrent; ils lui font mille excuses et envoient des députés à Macerata offrir réparation au général français. Gavazzuti, tout heureux d'en être quitte à si bon compte, ne veut pas être de reste avec cette population docile; il intervient auprès de Vial, il sauve Saveria etTemperino. Etc'est ainsi que, le 28 février, au milieu de la plus grande tranquillité, Ascoli peut élire sa municipalité provisoire composée de deux

i . Dépôt, 4 février.

2. Archivio municipale, libro du consiyli, 1790-1804, G. 17G(Crivelluci, 89, note 1).

nobles, deux « curiales », deux marchands et deux paysans ^

Pareille révolution s'accomplit à Acquaviva avec le même calme. Le 18 février, le gouvernement pontifical est régulièrement aboli par un vote solennel du conseil public; l'assemblée a observé toutes les formalités d'usage; elle a délibéré en présence du vicaire, des massiers et de nombreux conseillers ~; il est vrai qu'elle s'est réunie soit au reçu d'une dépêche fabriquée par les Jacobins et attribuée par eux à Berthier^, soit à la suite d'une petite émeute provoquée par la présence de Domenico Notari, de Macerata. La nomination de la municipalité provisoire, à laquelle on procède le 23 février, se fait plus régulièrement encore : au reçu d'une lettre de la centrale de Fermo, en date du 21 février, le Conseil public se réunit de nouveau sous la présidence de Notari ; les cinq membres de la municipalité sont élus sans grande discussion : dans le procès-verbal'' qui nous en est parvenu, le mot classique de signore a disparu devant le terme jacobin cittadino; si Ton conserve encore la clausule Agimus, on la fait suivre du récit de l'embrassement fraternel et de la proclamation des élus à la fenêtre du palais municipal; et la consécration de l'arbre de la liberté, célébrée au son de la musique, au milieu des danses et des banquets et des génuflexions dévotes des Jacobins, semble indiquer que la Révolution va s'accomplir dans les mœurs comme elle s'est accomplie déjà dansles faits.

Ainsi la situation de chacun des pays qui composent la République mesure l'étendue et même modifie la

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