‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 179 sur 579 · ROME ET NAPLES · texte numérisé non relu

ROME ET NAPLES

nature de l'action que les Français y exercent. Mais, qu'il s'agisse de ceux qui sont proches de la Cisalpine, ou de ceux qui s'échelonnent sur cette grand'route qu'est rOmbrie, ou de ceux qui se disséminent sur la frontière napolitaine et les rivages de la Méditerranée, d'Ascoliet de Fermo jusqu'à Cività Vecchia et Viterbe, qu'on en soit encore à planter les arbres de la liberté en installant des municipalités provisoires, ou qu'on s'occupe déjà d'organiser les administrations en vue d'une exploitation prochaine, ou que l'on ait seulement à poursuivre l'œuvre fiscale commencée, le gouvernement papal a disparu partout; la République romaine s'est partout installée. Si l'on met à part l'insurrection des « Gastelli », il faut reconnaître que la révolte de l'armée de Rome n'a pas exercé de fâcheuse influence sur les premiers jours de la République et que la substitution d'un gouvernement à l'autre s'est opérée au milieu du plus grand calme i.

C'est à ce moment que s'évanouit tout péril sur la frontière napolitaine. On se rappelle les craintes que nourrissait, en janvier, le Directoire de Paris et la mission éventuelle qu'il avait confiée à Brune et les instructions spéciales qu'il avait données à Berthier : la marche rapide de celui-ci déconcerta les espérances ennemies. Le 22 février, l'adjudant général Almeiras, qui surveillait la frontière du côté du Tronto, écrivait au général en chef que les Napolitains ne faisaient aucune démonstration hostile; et, le lendemain, le marquis de Gallo s'adressait au même général pour le remercier de la lettre que Belliard venait de lui remettre en son nom 2; il se félicitait des sentiments de bonne amitié qui existaient entre les deux pays; il laissait deviner, comme toujours, l'attrait singulier que Bénévent exerçait sur sa cour. Au mois de mars, la situation n'avait pas changé, bien que quelques

Page 1