Dépôt, 23 février
mouvements de troupes l'eussent fait craindre ^ : le 4, Dallemagne envoyait à Berthierun rapport de Belliard l'informant que les préparatifs de Naples étaient plutôt défensifs. Le 7, Trouvé rendait compte à Masséna de l'entretien qu'il venait d'avoir avec le marquis de Gallo : ses assurances avaient été on ne peut plus formelles et pacifiques; et notre chargé d'alTaires ajoutait pour son compte qu'en effet Naples était peu à craindre, puisqu'elle n'avait pas d'argent^. L'impuissance de Ferdinand IV faisait supporter plus aisément les bouderies des autres cours : aucune n'avait reconnu la jeune république qui s'en vengeait, le 19 mars, en ordonnant à tous les ministres, chargés d'affaires, consuls et agents diplomatiques des puissances étrangères, de quitter Rome dans vingt-quatre heures et la République dans huit jours 3. Seule, la République de Saint- Marin était disposée à reconnaître le gouvernement nouveau : encore faut-il remarquer qu'elle posait ses conditions '*, qu'elle avait besoin de l'état romain pour se pourvoir de sel, et qu'elle avait ime peur folle des brutalités cisalpines.
C'est à ce moment aussi que s'installaient définitivement les autorités républicaines et que la Constitution était promulguée^. Est citoyen romain tout homme né dans la République et y demeurant, qui, ayant vingt et un ans accomplis, s'est fait inscrire sur le registre civique, a demeuré une année en territoire romain et paye une contribution directe, foncière ou personnelle
1. Sur les courses de Pignatelli aux frontières, cf. Trouvé à Dallemagne (Saint-Gyr, I, 27H).
2. Dépôt, 7 mars, le papier monnaie perdait 15 0/0. Cf. Les Commissaires au Directoire. 17 ventôse (An. ctrang. Corr., Rome).
.3. Sala, I, 144.
4. Comme Saint-Marin avait été traversé par la colonne cisalpine qui occupa S. Léo, elle députa le citoyen Onofri à Rome afin de demander la protection française et deux traités d'alliance avec nos deux républiques vassales d'Italie. Elle demandait : 1" la liberté du co-nmerce ; 2° la liberté d'exploitation pour ceux de ses citoyens qui étaient propriétaires en Cisalpine ; 3° pleine liberté pour ses citoyens en Cisalpine; 4° le maintien du i)rix du sel fixe au temjjs des Papes; 5" l'adjudication à Saint-Marin et non à la Cisalpine des dépendances mari; niennes du couvent de Rimini ; une indemnité pour la succession des Albani (Les Commissaires au Directeur, 25 ventôse, VL Afl". étvang. Corr., Rome).
5, Sala, I, 107,