LA FÊTE DE LA FÉDÉRATION
la terminologie française, on a substitué seulement une terminologie archéologique^ qui doit faire fortune, du reste, passer en France et, de France, se répandre peu à peu dans plusieurs pays constitutionnels. Mais la jeune République ne se trouve point encore suffisamment démocratisée : elle veut adopter le calendrier républicain ; elle inscrit sur ses documents officiels les noms harmonieux de germile, fiorile, pratile; messifero, termifero, fruttifero ; vendemmiale, brumale, frumale; nevoso, piovoso, ventoso. Au môme moment on élit les consuls : Angelucci, le meneur jacobin que nous connaissons déjà ; Panazzi et Reppi, deux révolutionnaires d'Ancône; de Mathéis, riche propriétaire des environs de Frosinone ; enfin Ennio Quirino Visconti, l'organisateur du Musée Pio-Glementin. Ils choisissent leurs ministres : Torriglioni, qui s'installe à la Justice; Gorona, à l'Intérieur; Bufalini-, aux Finances; Brémond, aux Relations extérieures et à la Guerre; ils convoquent les sénateurs et les tribuns déjà nommés'*.
La machine administrative est prête à fonctionner : il est naturel, il est, du reste, conforme aux traditions de la grande République de fêter solennellement les débuts de la République sœur: comme la Cisalpine, le 9 juillet 1797, la Romaine célébrera donc la fête de la Fédération. Au début de mars, les gardes nationales, qui partout s'organisent, reçoivent l'ordre de députer des commissaires : on prend des mesures à Rome afin de leur préparer une réception aussi agréable que peu coûteuse ; et, de tous les points du territoire, s'acheminent bientôt les délégués. Fixée d'abord au 18, la Fédération est solennellement célébrée le 20 mars. Ge
Elle fut complétée iiar douze lois organiqueH, le» 22 et 30 mars {La MaiiUa : Legislaz. italiann, I, 534 (Dallemngne aux Commandants fiançais, 15 ventôse. Arrliivio, 39. Mem. Slor., 255. Sansi, 2H, note 1. Sciout, III, 291).
1. Sous l'influence du mouvement archéologique italien. Cf. Mélanges... de I ICcole française de Rome, 1898. Notre étude suv Mural.
■2. Le premier titulaire du portefeuille des tinance» futMariotti, qui fut bientôt ii'ini)lacé.