Il y avait 26 sénateurs et 51 tribuns nommés par Masséna
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jour-là, le temps est affreux : la pluie qui tombe est coupée parfois par de longues rafales de grêle. Cependant, à quatre heures du matin, le canon annonce la fête nationale; à huit heures, les troupes françaises, réunies sur la place de Venise, s'acheminent vers Saint-Pierre par le pont Saint-Ange, oi^i un arc triomphal a été dressé en leur honneur; elles y trouvent les troupes romaines habillées de neuf, groupées en huit bataillons formés des délégués départementaux (ils se sont formés sur la place du Forum) : entre elles, au pied de l'obélisque, s'élève, splendide, l'autel de la patrie. A neuf heures, le général Dallemagne monte au Capitole entouré de son état-major : il y proclame les sénateurs et les installe sur la vieille colline, couverte de tant de gloire ; il se dirige ensuite vers le palais de la Chancellerie, où il établit le Tribunal; il se rend enlin sur la place Vaticane. Au bruit des décharges de l'artillerie, tandis que la pluie continue à tomber à flots, il y proclame la Constitution de la République romaine, les noms des cinq consuls et de leurs ministres. Ceux-là paraissent alors : ils sortent du Vatican, où a été les prendre une délégation des officiers français; au pied de l'autel de la patrie, ils prêtent le serment requis par la Constitution, et Bassal après eux, — c'est leur secrétaire général, — enfin chacun des ministres : une salve d'artillerie souligne l'engagement qu'ils prennent et que répètent le peuple, et les troupes et fédérés départementaux. Puis le cortège se met en marche, les troupes en tète, françaises et romaines entremêlées; ensuite la musique; puis Dallemagne et son état-major, les ministres et les consuls qui vont s'installer au Quirinal. La République romaine est définitivement fondée ^
Ce jour même, on voyait encore sur les murs de Rome une proclamation que le général français y avait
1. Collesione, I. 101. Sala. I, 117. Discours de Dallemagne, 30 ventôse (Arc/i/fio, 39). Lettre de Dallemagne au Directoire, 20 mars (Dépôt).
LA FKANCE SUZERAINE 175
iait aflichcr, quelques jours avant'. « La République française, lisait-on, renonce au droit de conquête qui '< lui appartient sur les états de Rome... » Déclaration de pure forme; car, ce droit auquel la France prétendait renoncer, elle en réglait rexercice à l'avenir en édictant l'article 369 de la Constitution- : « Jusqu'à la « ratification de ce traité (d'alliance entre la Répu- « blique romaine et la République française), aucune « loi émanée des conseils législatifs romains ne pourra « être promulguée et exécutée qu'après r approbation « préalable du général commandant les troupes fran- « çaise dans Rome ; lequel pourra aussi^ de sa jjropre (( autorité^ faire les lois qui lui sembleraient urgentes^ « en se conformant aux instructions émanées du " Directoire exécutif de la République française. Le « Consulat devra promulguer ces dernières, comme si « elles émanaient du Pouvoir législatif. » C'est dire nettement que, dans l'état romain, sans la France, les autorités romaines ne peuvent rien, et que, sans elles, la France peut tout. La France, du reste, exerce, dès ce moment, son « droit de conquête » : elle impose à la jeune République la Convention du 26 mars (6 germinal), signée, sinon négociée par Corona et parHaller, ratifiée le 28 par le président du Consulat de Mathéis et par les quatre commissaires civils du Directoire. La République romaine payait 3.000.000 de piastres (15.337.500 livres); elle donnait en outre, pour 600.000 piastres d'e(retsd'habillement(3.067.500livres); elle s'engageait à entretenir l'armée française, la solde de celle-ci restant toutefois à la charge de la France ; elle abandonnait, en outre, des biens du domaine, certains domaines de l'ancienne Chambre apostolique évalués à 5.512.000 livres.
C'était la copie du traité imposé à la Cisalpine, la rançon de la liberté reçue, la marque de la conquête