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20 LES TUTEURS DE l'ÉGLISE
« renoncer '». Il leur accorde les pouvoirs les plus étendus, tant pour réformer l'Eglise en général que pour rétablir les évoques dans leurs anciens droits et défendre les Eglises particulières contre les vexations de Rome. « La puissance, leur dit-il, ne vous a pas été (( confiée seulement pour gouverner le monde, 7nais <( encore pour défendre l'Eglise...-^ en ne souffrant « rien qui puisse rendre odieuse notre sainte religion.. . » 11 dit encore : « Cest [aux princes) qiiHl appartient (( de contenir dans le «. devoir les prêtres comme les <( séculiers, et les meilleurs princes., comme Constantin., « Théodose., Ji/stinien, pour ne rien dire des rois de (( France, se sont toujours servis de leur autorité non « seulement à légard des fidèles, mais à regard des « papes eux-mêmes, lorsqu'ils semblaient machiner « quelque chose contre les canons et la discipline « ecclésiastique... Peut-être dira-t-on que les princes « séculiers, en faisant des règlements touchant l'élec- « tion des évoques, la collation des bénéfices, le gou- « vernement des Réguliers, ont outrepassé leurs pouce voirs. Mais cette objection est vaine ; car, en agissant « ainsi, ils avaient en vue le bien de l'Eglise ; et « d'ailleurs les papes eux-mêmes les ont souvent priés « de faire des ordonnances touchant le culte divin. » Le retentissement de ce livre fut énorme, non pas seulement à cause du pseudonyme qui en dérobait l'auteur, mais aussi, mais surtout en raison du long passé dont il résumait l'eflort. Aux intérêts des Etats, il fournissait le principe qui pouvait les masquer et préparait l'asservissement de l'épiscopat à l'autorité civile en le coupant d'avec Rome. Le livre surexcita la
1. Be statu ecclesix, cap. ix, sect. viii (Kuntzinger, 157): « Non licere vegi taie jus a se abdicare in i)ra3judiciiini re^ni et subditorum. » Il cite Stockmans, Be jure Belf/arum circa Intflafum poiitificiarum reccptionem, p- 1(J2; van Espen, Be promidf/atione legum eccle.iiaxticarum ; CovaiTuvias, Practicar qusestion., cap. xxxv, n" 3, p. 495. Le placet royal est nécessaire même pour les bulles dogmatiques : il cite Héricourt, Lois ecclésiastiques, I, 15, n" 8, et van Esi)en, Opiis cit. in Append. Cf. Lettre de Clément Vinceslas, du 1" juin 1781, k Josepli II (Zeitschnft fur liistor. Tlieol., IV, 248).