LA SABINE ET LA PLAINE TONTINE
à installer une papeterie', est dépouillée des argenteries précieuses que lui a données Pie VI-. Gori est pillé par deux voleurs de Rocca di Papa, Genni et Garnevale, qui se font passer pour des commissaires français-^ et en profitent pour enlever les femmes. Velletri écoute avec terreur les salves qui fusillent deux de ses chefs insurgés de ventôse^ et montre, du reste, la mauvaise volonté la plus tenace, lorsqu'il s'agit d'acquitter l'emprunt forcé : pour l'en punir, on élève sa part dans cette contribution de 12.000 à 15.000 écus^. Terracine voit avec stupeur les chanoines de sa cathédrale arrêtés au milieu de l'office, le jour de Pâques, et conduits en prison, tout revêtus de leurs chapes brodées : ils n'ont pas acquitté le droitd'exemption de service dans la garde nationale''. A Ferentino, plutôt que de se laisser ravir la statue de saint Ambroise, leur protecteur, ces habitants livrent leurs pauvres bijoux, les femmes leurs boucles d'oreilles et leurs cercles d'or. A Alalri, ils se révoltent lorsqu'on veut leur ravir la statue de leur patron, saint Sixte, et ne s'apaisent que lorsqu'on leur promet de le leur laisser, moyennant une somme équivalente. A Sezze, ils dévorent la rage qui les agite depuis qu'ils savent que les 200 livres d'argent qu'ils ont données n'ont été comptées que pour 97 livres 10 onces sur les registres d'Anagni; c'est là que rééide le commissaire du Consulat, un américain nommé Mignard, qui dirige tous les services et organise tous les pillages'.
Dans la plaine pontine, le mécontentement est aussi violent que sur la ceinture des villes qui la dominent du haut de leurs coteaux sauvages : ce n'est plus la réquisition des argenteries qui le provoque, c'est la misère qui le soulève. « Divers possesseurs de maïs