LA RÉVOLTE DU TRASIMÈNE
Castello, toute frémissante encore de sa récente révolte et qui égorge aussitôt les 130 Français qui la gardent, le général Valette accourt, à marches forcées, avec une partie de la 30'' et de la 61" au secours de Pérouse ; et le consulat, dans l'espérance de désarmer les marchands, fauteurs de la révolte, se décide enfin à revenir sur la démonétisation des cédules'.
Il est trop tard : la 11% conduite par le chef de brigade Calvin, n'approche de Gittà di Castello que pour apprendre le massacre de la garnison; s'il est vainqueur à Montone, il est repoussé de la ville encore ruisselante de sang français; après avoir eu 17 hommes tués et 27 blessés, il est obligé de rétrograder sur Montone, le 8 mai. Renforcé en route par le capitaine Guiminal, qui lui amène deux canons, il est de retour devant Città le 10, à une heure de l'après-midi; le 11, il refoule les insurgés dans la place, où il entre le 12 : altérés de vengeance, les soldats n'épargnent rien : un voltigeur, dont le frère a été tué, « ayant jeté son fusil et son fourni- '< ment, son sac et son habit, en chemise, les bras nus, (( l'œil hagard, écumant, n'ayant conservé que son sabre, « et bientôt tout couvert de sang... (tue) sans distinction « de sexe ni d'âge tout qui se (trouve) sur son passage- ». Après cette affreuse boucherie, Calvin pourchasse les débris des rebelles : il les rejette de l'autre versant de l'Apennin sur Mercatello, San Angelo et Urbania et les livre à demi détruits aux troupes d'Ancône, qui les achèvent près d'Urbin : les derniers insurgés sont chassés de leurs positions au Monte de' Capuccini, à la Groce del Bertuccio et au couvent des « Zoccalanti -^ » . Valette pacifie la région en accordant à tous pardon complet, à condition que chacun soit revenu chez lui avant trois jours'', et le consulat croit empêcher le