PREMIÈRES ESCARMOUCHES
ce qui lui valut le plaisir, — car on avait la galanterie de la laisser chez elle, — d'avoir deux gardes nationaux à la porte de sa chambre et deux autres dans son salon •. On proteste, on s'agite : le 16, on débarrasse l'exduchcsse de ses indiscrets gardes du corps : un oflicier les remplace, qui l'accompagne en carrosse. Le 17 juin, nouveau progrès : on s'est convaincu, sans doute, que l'ex-duchesse n'est pour rien dans l'insurrection du Trasimène : l'officier bat en retraite, sur l'ordre du général; dans sa lettre au consul de Mattheis, il exprime même le regret qu'on ait manqué d'égards vis-à-vis d'une femme'-'.
Le 2 juin, deux agents du fisc font une descente à Saint-Pierre, d'où ils rapportent, avec une croix de Michel-Ange, six candélabres en or-\ On s'agite encore, on court au palais Colonna, — où Saint-Gyr demeure; — et, trois jours après, le 5, on rend h la fabrique de Saint-Pierre, avec les six candélabres d'or, la croix de Michel-Ange.
Le 14 et le 16 juin, deux communautés de religieuses sont menacées d'être mises à la porte : le couvent de Sainte-Suzanne, celui des Saints-Dominique et Sixte surtout, tentent vivement les administrateurs : on y établirait aisément un hôpital splendide. Ici encore, on proteste, on implore Saint-Cyr, on fait appel à sa générosité, on lui fait la cour, à ses officiers comme à lui. Comme les religieuses sont prêtes à partir, voici qu'on les invite à rester : décidément, il ne faut jamais désespérer des militaires. Les bonnes sœurs offrent un somptueux dîner à deux aides de camp de Casablanca et de Rusca''. Elles en seront, hélas ! pour leurs frais : le 18, il leur faudra vider la place et se réfugier, en pleurant, au couvent de Sainte-Catherine-de-Sienne '\