L AFFAIRE MATERA
resté en charge; il se disait disposé, s'il le fallait, à faire le voyage de Paris pour recourir au Directoire^; mais Saint-Gyr lavait abandonné ; il n'en fit rien.
On comprend qu'elle colère animait commissaires et consuls contre Gouvion Saint-Cyr : il avait pu s'en apercevoir, du reste, avant môme qu'eût paru la lettre sur Orengo. Le 7 juin (19 pralile), un décret des consuls destituait le napolitain Matera, chef de la légion romaine, dont la probité paraissait suspecte et qui avait le très grand tort de n'être pas d'accord avec le ministre de la Guerre Brémond : on lui reprochait de faire sa cour aux grandes familles romaines -. Saint-Gyr ne trouvait pas que le cas fût pendable ; il crut l'occasion venue de prendre sa revanche: les consuls avaient précisément maille à partir avec les commissaires, qui le 20 juin, venaient de casser un de leurs décrets ^. Il forme une commission militaire ; présidée par l'adjudant géuéral Partouneaux, elle juge, le 22, « qu'il n'y a pas lieu à destitution contre le citoyen « Matera et que le décret des consuls romains du « 19 pratile dernier doit être regardé comme un acte (( arbitraire^». Le 28 juin, les commissaires écrivent aussitôt au Directoire : ils ne veulent pas juger la conduite du général ; ils n'ont pas voulu rompre avec lui qui peut compter, ils le savent, sur le concours de son armée ■^; mais ils signalent à Paris, — où l'on est très averti sur la question, — le danger des chefs militaires. A peine leur dépêche est-elle arrivée que le Directoire, en effet, se décide en leur faveur : le 7 juillet, il casse l'arrêté de Saint-Gyr et exile Matera de tous les pays soumis à la France ''\
Pendant ce temps, les affaires se sont envenimées à