‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 238 sur 579 · L AFFAIRE DE L 0STE^S01R · texte numérisé non relu

L AFFAIRE DE L 0STE^S01R

« public 1 ». Le général n'est pas ému par ces raisons, il riposte qu'il a entre les mains un fragment « colla- « tionné avec l'original » par le notaire Jazi, du testament du prince Pamphili, à la date du 8 novembre 1709; on y lit ces mots : « Mon intention est « que ledit ostensoir reste toujours et perpétuelle- « ment dans la famille, dans le même état où il se « trouve présentement-.)) En conséquence, il ordonne au chef de brigade Marchand et au commmissaire des guerres Gallardon de remettre l'ostensoir au prince après avoir constaté, dans un procès-verbal, l'état où il se trouvait : et ses ordres sont exécutés 7nanu militari^ bien que les commissaires aient explicitement défendu à Marchand d'obéir à son chef. Les commissaires, vaincus, ne savent plus se contenir : ils déclarent que la restitution est illégale, la conduite de Saint-Gyr inconstitutionnelle; ils le destituent et écrivent à Paris. En même temps, on profère de telles menaces contre Doria que, pour échapper à la ruine, il ne croit pas avoir d'autre ressource que l'abandon de ce joyau de famille qu'il a recouvré enfin : il l'envoie à la grande questure, au milieu de la stupéfaction générale, avec un acte de donation en bonne et due forme : les seules pierrreries valaient 16.000 écus^.

Pendant tout le mois de juin qu'avait duré la bataille, l'anarchie avait régné, maîtresse souveraine, au gouvernement consulaire. Ce fut bien pis après la rupture ouverte'* : au ministère, c'était Torriglioni; au consulat, c'était Angelucci qui semaient la discorde et soulevaient des tempêtes. Torriglioni, qui, aussitôt ministre, s'était fait remarquer par la pompe de ses discours et la fermeté de son anticléricalisme, paraît avoir été d'humeur combattive : le 2 juin, il se disputait violem-

Page 1