UNE CONSPIRATION FINANCIÈRE
la capote en pièces et saccager le siège du cochera Et les consuls n'étaient pas plus favorablement disposés à son égard : la loi de police constitutionnelle en était la preuve évidente. Sur qui donc s'appuyait-il ?
Les deux lois contradictoires du 25 mars et du 5 mai, loin de raffermir le cours des cédules, l'avaient ébranlé davantage, et la spéculation s'étant emparée de l'affaire, tout espoir s'était évanoui de leur rendre jamais, avec une valeur stable, la confiance du public. La masse du peuple, du reste, n'en souffrait plus autant que par le passé : comme les paysans et les laboureurs, elle s'était débarrassée de ce papier-monnaie et n'avait plus entre les mains que les restioii assignats. Quant au stock qui avait reflué sur le marché, il. avait été accaparé à très bon compte par les financiers : Acquaroni, Torlonia, Piombino, Périllier, s'étaient entendus : ils reprenaient d'une main ce que la République les forçait à donner de l'autre par ses impôts et ses emprunts. Us avaient pour eux la neutralité bienveillante de Saint-Gyr, qui devait à leur concours le bon entretien de son armée, partant son obéissance ; ils avaient pour eux, — ce qui était nécessaire au succès de leurs desseins, — le concours actif de Bassal, de Bufalini et d'Angelucci-; enfin ils défendaient le crédit public, relevaient les cours et permettaient ainsi à leurs amis de jouer à la hausse. A cette spéculation sur les papiers, ils en avaient joint une autre, qui portait sur les terrains, qui doublait et garantissait la première ; s'ils ne pouvaient raffermir la valeur des cédules, du moins étaient-ils sûrs de les écouler en achetant des biens nationaux.
Le malheur était qu'on avait pénétré leurs desseins : Ennio Yisconti avait vite compris quels intérêts d'agioteurs s'abritaient sous le masque des intérêts publics : et il avait ouvert les yeux aux commissaires. Aussi,