INTRIGUES DES AGIOTEURS
eux; il offre sa démission, qu'on refuse ^ Le surlendemain, 7 juillet, ils n'en publient pas moins une loi plus radicale encore que la précédente- : les assignats ou resti, qui sont la monnaie du peuple, sont sauvés (art. 11), non seulement parce que la fabrication en est . interrompue (art. 12), mais encore et surtout parce qu'ils sont désormais reçus, au même titre que la monnaie fine^ pour le payement des contributions et pour l'achat des biens nationaux (art. 13). Les cédules^ richesse escomptée des spéculateurs, sont ruinées : on leur rend, sans doute, une valeur certaine (art. 3), mais si faible qu'elles ne se relèvent plus: elle est fixée au douzième de leur valeur nominale pour les cédules de moins de 35 écus ; au trente-sixième pour celles qui représentent une valeur plus haute •^.
Les spéculateurs sont atterrés ; mais ils ne capitulent pas : la corruption, les pétitions, les émeutes, telles sont les trois armes qu'ils manient. Ils offrent 60.000 écus à Torriglioni pour qu'il consente à soutenir, avec Angelucci et Bufalini, la réhabilitation du papier condamné. Le 8 juillet, un dimanche, Riganti s'occupe de faire signer une pétition, demandant qu'on retire l'édit de démonétisation, « banqueroute de la nation''»; le 9, il la porte aux consuls, qui, poussés par les commissaires, la renvoient au Tribunal. Au Tribunal, ils s'occupent d'organiser une opposition légale : le 11, le tribun Bassi y dépeint en termes pathétiques la misère et le mécontentement du peuple; et il décide l'assemblée à envoyer une députation aux commissaires français qui les supplie de sauvegarder le crédit national.
Ce n'est pas tout. Afin d'intéresser le peuple à la cause des spéculateurs, on fait courir le bruit que les cédules de moins de 35 écus, — celles, par conséquent, qui peuvent encore se trouver dans les petites bourses, —