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LA NATIONALISATION I AUTRICHE

comme le Pape mourait, quelques semaines plus tard, (2 février 1769) sans avoir cédé^, elles signifiaient pendant le Conclave (15 février-19 mai) jusqu'à vingttrois arrêts d'exclusion. Le cardinal de Bernis multipliait ses intrigues ; Clément XIV était nommé; le 21 juillet 1773, après de vaines résistances, il signait le Bref Dominus ac Redemptor ; la célèbre Compagnie disparaissait ; le Pape, comme il le disait lui-même, se coupait la main droite^.

On pouvait travailler en toute confiance à révolter contre son autorité l'Autriche et l'Italie, l'Allemagne et la France.

La pieuse Marie-Thérèse (1740-1765) a inauguré cette politique antiromaine. Plus soucieuse d'éviter une lutte ouverte que d'obtenir l'assentiment du Pape, elle défendit de multiplier les monastères, limita l'accroissement des biens de mainmorte, interdit la publication des bulles qui ne porteraient pas son impérial placet, remania les diocèses, diminua le nombre des fêtes et travailla à émanciper l'enseignement public de la tutelle religieuse. Elève d'un abbé gallican de Terme^, Joseph II (1765-1790) alla plus loin : il supprima six cents monastères appartenant aux ordres contemplatifs, remplaça par cinq séaiinaires généraux^ et cinq annexes "^ les séminaires diocésains; il ne craignit pas d'abolir les réserves papales au profit des évêques et de conférer à ceux-ci les dispenses de mariage pour cause de parenté aux troisième et quatrième degrés, sans recourir à Rome, dans le même temps qu'il soumettait à son placet leurs mandements et lettres épiscopales. Emanciper Vépicopat à regard de Home, le soumettre à son propre pouvoir, tel est le

1. C'est pour cela, sans doute, que Daunou l'appelle un second Benoit XIII, un homme du moyen âge [Essai historique sur la puissance temporelle des Papes, I, 373).

2. En ihll, Rome avait déjà supprimé l'ordre des Humiliés, en 1668 l'ordre des Jésuites. Sur la réforme des Hé(/uliers en France (1765, 1768). Cf. Gouzaz- Grétet, l Eglise et l'Etat (Paris, Retaux, 1893), p. 257 sq.

3. Picot, Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiassique, II, 181.

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