‹ Le regime jacobin en ItalieChapitre 265 sur 579 · LA FÊTE DE VELLETRI · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE VELLETRI

Mais il fallait songer au présent; il fallait vivre en attendant que les résultats de la réorganisation financière de l'Etat se fissent sentir. Le consulat secoua donc, le plus vivement qu'il lui fut possible, l'indolence voulue des autorités, poussé par le désir de « faire do l'argent », retenu par la crainte d'exciter la révolte. Dans la campagne, tout était calme ; à Velletri, le 26 juin, on avait même célébré une fête joyeuse devant le palais municipal, sous la direction de Felice Bombacari. Sur une estrade majestueuse élevée entre deux autres plus petites adossées aux deux fontaines qui encadrent la place, était monté avec un petit enfant, Gasparro Advenzi, costumé en « amorino », le vieux Francesco Pianeti, qui portait le livre d'or de la cité. Après quelques compliments très expressifs, l'enfant, s'était approché du vieillard; il lui avait arraché le livre des mains ; il en avait déchiré les feuillets, les avait jetés sur l'autel où flambait un brasier : cependant que retentissaient les applaudissements des patriotes et que la petite garnison française était immobile sous les armes. Le cortège s'était ensuite formé, avait traversé la ville, acclamant de ses hourras la démocratie naissante, accablant de ses insultes l'aristocratie décrépite.

In puero alato respublica ficta renidet, Nobilium rerjimen monstrat abire senex*.

A Viterbe même, où les patriotes pourtant étaient moins nombreux et exerçaient moins d'inllucnce qu'à Velletri, une fête générale avait réuni tous les cœurs : le brutal commandant de la garde nationale Safferno, le frénétique Cambrai qui commandait les troupes du Cimino et du Glitunno, avaient pris part à l'allégresse générale ; il est vrai qu'au milieu de ce pays très dévoué à l'ordre passé les autorités jacobines avaient

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