août. Dépôt
AOBT 1798 281
« qu'elle Test en ce moment dans la République « romaine. Tout se cache, tout se resserre sous la verge ' terrible des exacteurs ; les champs sont abandonnés; « on ne veut ni cultiver, ni récolter pour le fisc... Un (( particulier français qui avait un intérêt dans la Compa- « gnie Hardy n'a pu supporter le spectacle de tant de « malheurs... il retourne en France et m'exprime, dans « une lettre datée de Turin, l'indignation dont il est « pénétré. Puisse la prudence des nouveaux commis- « saires que vous avez envoyés ramener les choses en « inspirant quelque confiance aux peuples et en répri- « niant les excès des financiers. »
Les commissaires, en etTet, désiraient opérer les réformes nécessaires ; d'autant que ces réformes étaient pour eux le prétexte dont ils avaient besoin pour exercer effectivement le souverain pouvoir, qui sollicitait leur ambition. Le 12 août, par un décret, ils annulaient l'autorité des consuls. Sous couleur d'organiser leur travail, ils se réservaient toutes affaires politiques dans des conférences quotidiennes, qu'ils tiendraient avec les ministres de neuf heures à midi. « Nul ne sera admis « pendant le temps des séances de la Commission, por- « tait l'article 2 du décret, excepté le général ordonna- « teur, l'agent en chef des finances et les ministres de « la République romaine ^ » Les consuls sont donc exclus. Le IG août, une nouvelle cérémonie, célébrée à l'Académie de France, révèle au public cette prise de possession du pouvoir souverain par les commissaires du Directoire ; ils apparaissent à cette fête entourés d'une garde nombreuse, tels les proconsuls de la République romaine. Aucun doute n'est plus permis ; les maîtres véritables, ce sont bien eux'.
Et, en effet, leur arrivée coïncide avec une recrudescence du pillage. Le 15 août, on met en vente les vignes de plusieurs couvents-^; le 2 septembre, on