NOUVEAUX PILLAGES
commence une nouvelle tournée dans les églises pour enlever les quelques ostensoirs qu'on y a laissés par oubli'. Ce sont les préfets consulaires qui dirigent les descentes et qui, après avoir dépouillé les sacristains éplorés, leur recommandent- de rentrer soigneusement ce qui leur reste... crainte des Français. Le 10, on met en vente le domaine de TAcqua Acetosa, propriété des religieuses des saints Dominique et Sixte; deux jours après, c'est le monastère non moins fameux du Convertite dont on vend le mobilier 3. Le 14, ce sont des couvents plus illustres encore que les commissaires français mettent aux enchères ; parmi les gazons verts et les arbres du Gelius, c'est l'ancienne maison de Saint-Grégoire, transformée en église; dans les plaines désertes du Tevere, royaume désolé des fièvres, c'est le couvent des Trois-Fontaines, où fut décapité saint Paul; et c'est enfin le couvent de Sainte-Croix de Jérusalem, se détachant sur Thorizon opale qui couvre les monts Albains'^.
Le zèle jacobin des commissaires ne s'en tient pas là ; l'orthodoxie républicaine implique la haine des riches et des prêtres. Si les fils du prince Borghèse sont épargnés, en souvenir de leurs danses patriotiques à la journée du 17 juillet, le prince de Piombino ne tarde pas à s'en apercevoir, comme le marquis Giuseppe Ambrogio Lepri. Le 13 août, ils sont enfermés au château Saint-Ange ^ et le prince Chigi n'échappe au même sort qu'en souscrivant les lettres de change qui lui sont présentées'"'. Le 20 août, après de longues négociations, les riches cèdent aux menaces des commissaires ; ils ont obtenu de ne payer que la moitié de ce qu'on leur demandait. En même temps, les fêtes