LA REVANCHE DES AGIOTEURS
leurs. La première' portait que toutes les cédules non démonétisées seraient échangées contre des lettres de changes tirées sur les familles riches, conformément à la loi du 28 messiero. Assimiler les cédules à un papier qui récemment émis n'était pas encore discrédité, n'était-ce pas les raffermir? La seconde loi était plus audacieuse et plus efficace ~ : toutes les cédules, démonétisées ou non, de quelque espèce et de quelque valeur qu'elles fussent, étaient échangées contre les resti ou assignats en raison du « quinzième de leur valeur nominale ». On se rappelle que la loi du 6 juillet établissait deux catégories parmi les papiers; les uns, de moins de 35 écus, réduits au douzième de leur valeur; les autres représentaient une valeur plus haute, réduits au trente-sixième. La disposition de la loi nouvelle faisait donc perdre l/2aux premières et en faisaient gagner aux secondes 7/12, et c'étaient les petites bourses qui ] détenaient les cédules en baisse et les agioteurs les | cédules en hausse! Un marchand, possesseur d'un i billet de 24 écus, avait 10 livres en main par la loi du | 8 juillet; 8 seulement par la loi du 9 septembre. Un ] spéculateur, au contraire, pourrait échanger un billet de 360 écus contre uu billet de 24 écus de par la loi nouvelle, tandis qu'il n'avait droit qu'à 10 écus d'après le décret du 6 juillet.
Le parti de la cédule avait rétabli ses affaires, mais la victoire était incomplète à ses yeux : il entendait se venger de Visconti et de Panazzi. Par leur décret du 12, les commissaires leur avaient retiré jusqu'à l'apparence du pouvoir, en les excluant des conférences qu'ils tenaient avec les ministres : Brémond poussait l'insolence jusqu'à cesser complètement de les voir'^ Ce n'est pas tout : Poussé par Bassi, le tribunal avait décidé d'ouvrir une enquête sur les dépenses énormes